4.
Lexique / Evoquation lexicale
Il a été choisi d'explorer les capacités
lexicales à travers la dénomination de cinq images
dont l'valuation de l'ELOLA avait montré qu'elles étaient
normalement évoquées par 90% des enfants normaux
de la tranche considérée. La fonction étudiée
est l'accès au lexique, de sorte que seules les dénominations
exactes (radiateur et non chauffage) seront considérées
comme justes. Les moyennes en fonction de la classe d'âge
augmentent à l'intérieur des trois séries
d'âge : 4 ans à 5 ans et demi, 5 ans et demi à
7 ans et demi, puis 7 ans et demi à 9 ans. Mais, les différences
ne sont pas toujours significatives du fait d'écarts faibles.
La dénomination de l'image par sa fonction (radiateur par
chauffage) ou par un mot de la même classe sémantique
mais plus usuel (tasse par bol) doit amener l'examinateur à
inciter l'enfant à donner le mot exact : " C'est bien,
mais ce n'est pas tout à fait cela ".
Attention : La dénomination de la ceinture par " montre
" peut témoigner d'une ambiguïté de l'image
et l'examinateur doit inciter l'enfant à la regarder différemment
: " regarde bien l'image ".
L'emplacement des images a été choisi pour explorer
ultérieurement la mémoire non verbale.
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5.
Expression syntaxique
Il est très difficile en pratique clinique d'explorer la
qualité de la syntaxe. En effet, le langage spontané
est idéal, mais il est parfois difficile à obtenir
chez des enfants timides surtout s'ils ont un retard de langage.
La longueur de l'énoncé dépend autant de
la personnalité de l'enfant que de sa maîtrise de
la langue. La répétition de syntaxe est moins aléatoire,
plus reproductible, mais la qualité dépend non seulement
des compétences morphosyntaxiques mais aussi de la mémoire
phonologique à court terme et de l'attention. L'examinateur
doit donc tenir compte de ces éléments dans l'appréciation
du score, comme il doit tenir compte de la qualité des
phrases autant que du score. La quasi saturation de la phrase
induite dès 4 ans (moyenne à neuf), ce qui correspond
à une phrase correcte de quatre mots ou une seule erreur
sur une phrase plus longue, traduit bien le développement
normal de la syntaxe. La longueur moyenne des énoncés
est de quatre mots dès 4 ans. L'erreur : " le robot
donne le crayon à le garçon (et non au) " a
été observée jusqu'à 5 ans, mais pas
au delà. Dans la répétition de phrase, les
structures les plus complexes (" dont ", " a été
interrogée ") sont acquises dès 6 ans - 6 ans
et demi, bien illustrées par la saturation des scores de
répétition (15/16) et du faible écart type
(1/16 jusqu'à 8 ans, 0.4 au delà). Aucun enfant
normal n'a fait d'omissions ou d'erreurs, sur par exemple les
articles, donnant tout valeur à de telles erreurs ("
donner crayon ", ou " le casquette "…).
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6.
Graphisme
Le graphisme est un des subtests explorant les capacités
non verbales. Il est demandé à l'enfant de reproduire
neuf dessins de 4 à 6 ans et six après 6 ans. Les
enfants de moins de 6 ans peuvent ne réussir aucun des
six premiers dessins, il est inutile alors de leur faire copier
les trois suivants. La cotation est illustrée par des exemples.
Le principe retenu est celui de l'échelle de McCarthy :
des critères obligatoires pour obtenir un point et des
critères supplémentaires pouvant donner d'autres
points. L'amélioration régulière des copies
avec l'âge témoigne de l'évolution normale
du graphisme.
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7. Attention visuelle soutenue
Le test de barrage des " 3 " permet d'explorer les capacités
de perception et d'attention visuelle. Le nombre de " 3 "
barrés en une minute augmente nettement avec l'âge
(de dix en moyenne à 4 ans, à vingt à 8 ans
et demi), avec un écart-type d'environ trois " 3 ".
Avant 5 ans, les enfants n'explorent souvent pas systématiquement
la feuille ligne par ligne. Les fausses alarmes (autre chiffre
barré que le " 3 ") sont rares dans la population
normale (pas plus de une à deux). La durée d'une
minute est trop courte pour explorer l'attention soutenue, mais
la faisabilité de la batterie imposait de limiter le temps.
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8.
Fonctions exécutives : la planification
La résolution du labyrinthe nécessite une anticipation
et une stratégie de planification. Avec les capacités
d'attention sélective et le raisonnement de l'épreuve
de complétion de formes, elle explore les compétences
du lobe frontal. La cotation tient compte du temps et des erreurs
effectuées malgré les consignes. L'enfant doit être
encouragé à corriger ses erreurs (" tu es dans
une impasse, cherche un autre chemin "). Du fait de trois
labyrinthes de difficulté croissante avec l'âge,
il n'est pas possible, comme dans l'vocation lexicale, d'apprécier
le développement normal des capacités de planification.
Seule la moyenne du premier labyrinthe (4 ans à 5 ans et
demi) augmente significativement avec l'âge, les deux autres
labyrinthes étant à peu près identiquement
réussis à peu près de la même façon
quel que soit d'âge. La corrélation significative
entre le score du labyrinthe de la BREV et celui de l'échelle
de Weschler (WISC ou WPPSI) donne toute sa valeur au test.
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9. Mémoire
Le dépistage d'un trouble de mémoire est inintéressant
avant 6 ans.
Il a été choisi pour explorer la mémoire
(en dehors de la mémoire phonologique à court terme)
quatre subtests, deux verbaux et deux non verbaux. La situation
du test est une situation implicite, puisque l'enfant n'a pas
été prévenu du rappel ultérieur, ceci
explique la grande dispersion des résultats dans toutes
les classes d'âge. Un indice est fourni en cas de non rappel
pour les phrases et le graphisme. Néanmoins les corrélations
significatives dans la population épileptique, entre le
rappel de l'histoire de " Jacques " de la batterie de
McCarthy et le rappel des mots et des phrases, d'une part, et
d'autre part le rappel de la figure de Rey et le rappel de l'emplacement
et du graphisme, souligne la valeur prédictive de ces subtests.
Isolé, un échec ne peut permettre de craindre un
déficit en mémoire, mais un résultat normal
a toute sa valeur rassurante. La quasi saturation des scores du
rappel de l'emplacement (4.5 / 5), quel que soit l'âge,
illustre le fait que cette mémoire visuo-spatiale est une
des premières mises en place dans le développement
de l'enfant d'âge préscolaire. Le rappel des phrases
et du graphisme évolue avec l'âge, sans qu'il soit
possible de différencier le développement des compétences
initiales (ici syntaxe et graphisme) et celles de la mémoire
proprement dite.
Un résultat faible aux épreuves de mémoire
ne peut être interprété qu'en fonction de
la réussite procédurale. Par exemple, un enfant
dysphasique aura un score faible lors de la répétition
de phrase, et, pour la même raison d'atteinte de la fonction
syntaxique, il aura un score faible au rappel de la phrase. Si
le score n'est pas plus faible au rappel qu'à la répétition,
sa mémoire verbale est peut être conservée.
En cas de score encore plus faible, il existe peut être
un trouble mnésique, en plus de l'atteinte du langage.
Toutes ces difficultés méthodologiques expliquent
que cette épreuve est peu interprétable dans une
simple situation de dépistage.
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10.
Fluence verbale
La fluence verbale teste les capacités d'évocation
rapide de mots appartenant à une même classe, ici
sémantique (noms d'animaux). Cette fonction appartient
aux fonctions langagières. L'augmentation du nombre de
mots d'animaux en fonction de l'âge est régulière,
passant de quatre mots et demi à 4 ans, à environ
huit à 8 ans et demi. Cependant l'écart-type, d'environ
deux mots, montre la variation d'un enfant à l'autre dans
la population normale.
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11.
Compréhension syntaxique
Il a été choisi d'explorer la compréhension
syntaxique par une épreuve inspirée du Token Test
qui a été étalonné chez l'enfant dans
la batterie ELOLA (De Agostini et collaborateurs, 1999). Il est
évident que les capacités d'attention et de mémorisation
vont jouer dans le score, en particulier pour la compréhension
des phrases longues comportant deux éléments. Là
aussi, l'interprétation doit donc se faire en tenant compte
de l'attention et de l'attitude de recherche de l'enfant ainsi
que des autres compétences. Les scores de compréhension
augmentent régulièrement avec l'âge, principalement
de 4 ans à 6 ans (moyenne évoluant de 11/20 à
17/20). L'augmentation est ensuite plus modeste, l'ensemble des
prépositions (" ou " et " et ") et
les triples ordres (pose le rond noir sur le rond bleu à
coté du vert) étant compris dès l'âge
de 6-7 ans.
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12.
Discrimination visuelle
L'épreuve de discrimination visuelle teste les fonctions
non verbales classiquement dévolues à l'hémisphère
droit. Là encore l'épreuve nécessite aussi
l'intégrité d'autres fonctions comme l'évocation.
C'est pourquoi il n'est pas tenu compte dans le score des approximations
(" peigne " discriminé " brosse "),
mais seulement de la capacité de discriminer correctement
(à l'inverse, la " pipe " discriminée
" verre " sera comptée fausse). De la même
façon, l'enfant peut évoquer les objets en faisant
un geste. Mais l'épreuve étant minutée et
brève (vingt secondes), le temps perdu pour réaliser
le geste peut pénaliser l'enfant sans que ses capacités
de discrimination soient atteintes. L'épreuve peut donc
être difficile à interpréter chez un enfant
avec un langage très altéré. Chez l'enfant
normal, les scores augmentent très régulièrement
avec l'âge, témoignant du développement des
capacités de perception visuelle.
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13.
Métaphonologie
• Segmentation des mots en syllabes (à
partir de 5 ans)
La possibilité de segmenter les mots en syllabes est un
des pré-requis métaphonologique normalement acquis
en grande section de maternelle. Bien sûr, il faut aussi
que l'enfant ait des capacités d'attention et de compréhension
de la consigne suffisantes pour se prêter à l'épreuve.
• Soustraction syllabique (à partir
de 5 ans)
La métaphonologie a été incluse en raison
de ses liens, actuellement bien reconnus, avec l'apprentissage
de la lecture. La capacité de faire des opérations
mentales sur les syllabes (ici soustraction de la première
syllabe) est un signe prédictif des capacités ultérieures
en lecture. Effectivement, les scores augmentent de 5 ans (environ
quatre sur dix) à 6 ans et demi (neuf sur dix) et sont
donc quasiment saturés après 6 ans et demi. Il importe
de tenir compte de la compréhension de la consigne qui
est assez abstraite et ne pas hésiter à ré-expliquer
l'exemple si l'enfant semble ne pas avoir compris.
•
Soustraction phonémique
Les capacités d'opération sur les phonèmes
(sons) et non sur les syllabes (retirer le premier phonème
de " radis " donne " adis ", alors que retirer
la première syllabe donne " dis "), est une compétence
qui s'installe plus tardivement et qui est dépendante de
la méthode d'apprentissage de la lecture. Elle s'acquiert
avec l'apprentissage de la lecture analytique. Les scores augmentent
entre 6 ans et 7 ans et demi et sont ensuite quasi saturés.
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14.
Lecture
La lecture est explorée par un item pour chaque classe
scolaire. La passation dans la population normale s'est déroulée
de fin janvier à fin avril, de façon à donner
les moyennes correspondant au milieu de l'année scolaire.
Chaque item comporte des lettres ou logatomes testant la lecture
analytique ou voie d'assemblage (lettre comme " a, m,…p
" en grande section de maternelle; logatomes " mati,
nuronli… " au CP et après). Il comporte aussi
la lecture de mots réguliers ( " maman, accueil, phosphorescence
" lus de façon logographique ou globale (voie d'adressage).
La désignation sur une scène du sens de la phrase
lue, permet au CP et après, d'explorer superficiellement
la compréhension du texte lu. Les scores en grande section
de maternelle - début de CP sont en moyenne de cinq sur
dix avec une grande dispersion (écart-type de 2,6). Ils
sont ensuite d'environ dix sur douze en CP et douze sur quatorze
en CE, confirmant l'acquisition des stratégies de lecture
à partir du CE chez l'enfant sans difficultés, la
vitesse de lecture continuant à progresser ultérieurement.
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15.
Complétion de formes
La complétion de formes est une des épreuves non
verbales explorant le raisonnement visuo-spatial. Elle est inspirée
du principe du PM 47 (Matrices de Raven). L'épreuve consiste
à retrouver, parmi des intrus, la forme la plus adaptée
pour compléter la figure. Pour les premières formes,
un seul critère est en jeu (la couleur) puis il faut utiliser
deux critères (le nombre de pommes ou l'orientation de
la ligne brisée orange). Pour les formes les plus difficiles,
il faut tenir compte de plusieurs critères (couleur verte
ou rouge, forme carrée ou ronde de l'élément
central et orientation des triangles périphériques…).
L'épreuve n'est pas limitée en temps. Les scores
de la population normale augmentent très régulièrement.
La corrélation au QIP dans la population épileptique
témoigne de sa valeur prédictive sur l'intelligence
non verbale.
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16.
Attention sélective motrice
Cet item est fondé sur le paradigme " go-not-go "
et a pour objectif d'étudier l'attention sélective
motrice. L'enfant doit d'abord réaliser une tache de tapping
simple (taper de façon aléatoire soit 1 coup, soit
2 coups comme l'examinateur), puis, ensuite, taper l'inverse de
l'examinateur. Il doit donc inhiber le fait de taper comme l'examinateur
pour réaliser la tache " conflit " demandée.
Dès 4 ans, les enfants sont capables de réaliser
quasiment sans erreur la première partie (moyenne du score
à neuf sur dix, puis dix sur dix dès 6 ans). La
seconde partie conflit n'a été proposée qu'aux
enfants de plus de 5 ans. La réussite de cette partie conflit
est totale dès 5 ans ( moyenne du score à plus de
neuf sur dix). Ceci traduit l'acquisition dès cet âge
de cette fonction d'attention sélective motrice. Les résultats
dans la population épileptique objectivent bien l'atteinte
de cette fonction dans cette pathologie.
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17.
Calcul et traitement des nombres
Le principe est d'évaluer les capacités en mathématiques,
en fonction du développement normal de la numération
(connaissance de la comptine, puis des chiffres, de la cardinalisation),
du calcul mental et de la résolution de petits problèmes
mentaux ou d'opérations par écrit. La comparaison
entre la qualité des apprentissages en lecture, orthographe
et mathématiques en comparaison avec les fonctions verbales
et non verbales permet de raisonner sur les difficultés
de chaque enfant.
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18.
Orthographe
Comme la lecture, l'orthographe est explorée par un item
pour chaque classe scolaire. La passation dans la population normale
s'est déroulée de fin janvier à fin avril.
Chaque item comporte des lettres ou logatomes testant la lecture
analytique ou voie d'assemblage (lettres comme " a, m,…b
" en grande section de maternelle, syllabes puis logatomes
comme " pro, courti… " au CP et après).
Il comporte aussi l'orthographe de mots réguliers et de
phrases permettant d'explorer de façon superficielle l'orthographe
lexicale et grammaticale (" le gentil robot "…..
, " le chien dort près de la cheminée ").
Les scores en grande section de maternelle - début de CP
sont en moyenne de six sur dix avec une grande dispersion (écart-type
de 2,2). Ils sont ensuite d'environ huit sur dix en CP et CE.
L'orthographe est la seule fonction cognitive significativement
plus faible lors de la validation dans la population normale chez
les enfants de zone socio-culturellement moins favorisée.
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19.
Rappels et précisions sur le calculs des scores
Le calcul d'un score verbal et non verbal est possible. Les scores
se mesurent de la façon suivante :
• pour le score verbal : somme des scores
de phonologie, évocation lexicale, expression syntaxique
(soit la phrase induite et la répétition de phrases),
compréhension syntaxique, tous ramenés à
vingt plus, pour les plus de 6 ans, le score brut de fluence,
divisée par quatre (avant 6 ans) ou cinq après 6
ans.