Résumé des 6 DVD

DVD 1

1. "Comment surseoir à la violence ?" Janusz Korczak (1878-1942)
Un film de Thierry Kübler

Ni laisser-faire total et démagogique et ni imposition de règles arbitraires, Korczak expérimente dans sa "Maison des Orphelins" des dispositifs qui éduquent les jeunes à la démocratie. Vivant au milieu d'eux, il invente des procédures de socialisation dont la gazette scolaire, la boîte à lettres et le tribunal. Le film insiste sur la boîte à lettres qui permet aux enfants d'exprimer leurs griefs par écrit et de suspendre les "passages à l'acte" violents pour négocier des solutions face aux problèmes.
Le film est principalement fondé sur des témoignages : celui de Tomkiewicz, psychiatre d'origine polonaise qui a été profondément influencé par l'œuvre de Korczak; ceux des élèves du D.S.A. (Dispositif de Socialisation et d'Apprentissage) de Villeurbanne qui évoquent leur rapport à la violence et réagissent au procédé pédagogique de la boîte à lettres; celui de Michèle Réverbel, écrivain public qui aborde l'intérêt de l'écriture pour libérer sa violence ; enfin celui du peintre Marek Rudniki, témoin du départ de Korczak et de ses orphelins vers Treblinka.

haut de page

2. "Peut-on apprendre à être autonome ?" Maria Montessori (1870-1952)
Un film de Marie Frapin

En 1900, déclarée "année de l'enfant", l'idée selon laquelle ce dernier est une personne et non un simple adulte en miniature commence à se répandre. Médecin, psychiatre, et "femme", Maria Montessori défend ardemment ce point de vue. Il prévaut dans ses expérimentations qui cherchent à rendre le tout-petit autonome.
Le film tourné à l'école Montessori de Paris "Le Petit d'homme", expose les outils éducatifs inventés par Maria Montessori et montre leur intérêt pour favoriser "l'autonomisation" de l'enfant.

3. "Comment susciter le désir d'apprendre ?" Célestin Freinet (1896-1966)
Un film de Thierry Kübler

Gazé durant la première guerre mondiale, Célestin Freinet demande néanmoins à retrouver une activité en classe. Mais ses poumons sont en mauvais état et il est incapable de faire des cours magistraux. Partant du principe que « tout ce qui entrave l’activité de l’enseignant, favorise la liberté de l’élève », il décide de les mettre au travail. Il combine, pour cela, activités collectives, notamment les journaux scolaires qui motivent les élèves à apprendre tout ce qu'il faut savoir pour communiquer réellement avec le village et les correspondants, et travail individuel pour compenser les effets pervers du travail de groupe.
Le film montre que l'école Freinet de Vence créée en 1933 par le pédagogue fonctionne toujours selon les principes de son fondateur…

4. "Y-a-t-il une autre loi possible dans la classe ?" Fernand Oury (1920-1997)
Un film de Maurice Ferlet

Disciple de Freinet, Fernand Oury estime, à un moment, qu'il y a des enfants dont les difficultés sont telles qu'il faut reconstruire complètement avec eux les bases de la vie collective. Intégrant les apports de la psychanalyse, il propose alors la pédagogie institutionnelle. Il construit avec les élèves l'apprentissage des connaissances à partir des situations qui se présentent. C'est le travail qui structure le groupe et endigue les passions. Chacun, dans la classe, doit tenir un rôle qui l'amène à se sortir de ses difficultés. Sur le modèle des ceintures en judo, chaque élève possède sa "ceinture" en orthographe, comportement... et décide le moment où il peut se préparer à l'examen pour obtenir la ceinture supérieure qui donne des droits et devoirs spécifiques…
Accompagné de propos de Fernand Oury lui-même, et du témoignage de son frère Jean Oury, psychiatre et directeur de la Clinique de La Borde, le film insiste sur le principe des ceintures, illustré par une séquence tournée à l'Ecole de la Neuville, et évoque le rôle majeur du Conseil dans une classe de LP à Asnières.

haut de page

DVD 2

1. "Tous les enfants peuvent-ils être éduqués ?" Jean-Marc Gaspard Itard (1774-1838)
Un film de Marie Frapin

En recueillant Victor de l’Aveyron, le docteur Itard veut montrer que tout être humain peut être éduqué du moment que l’on sait s’y prendre. Il consacre près de dix ans de sa vie à “ civiliser ” Victor et à tenter de lui apprendre les bases de la culture. Il invente, pour cela, des jeux pédagogiques qui sont encore utilisés aujourd’hui, il met en place de véritables stratégies éducatives, sans pour autant, éviter de tomber dans la violence manipulatrice. Il pose, à sa manière, la question : jusqu’où peut-on aller pour éduquer un enfant ?
Le film évoque la relation entre l'éducateur et l'éduqué notamment avec des extraits du film de François Truffaut L'enfant sauvage et des textes issus du journal d'Itard retraçant l'itinéraire éducatif de son élève. Une longue séquence tournée lors d'un cours de théâtre donné dans l'Institut d'Education Spéciale du Chardonnet près de Lyon illustre la pratique contemporaine d'éducateurs travaillant avec des enfants meurtris affectivement.

haut de page

2. "Que faire avec des enfants qui ne veulent pas de vous ?" Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827)
Un film de Thierry Kübler

Disciple de Rousseau, Pestalozzi est aussi un grand républicain. Et, pourtant, il demande de pouvoir s’occuper des orphelins de la ville de Stans dont les parents ont précisément été massacrés par les troupes républicaines. Il arrive à Stans dans un climat d’hostilité absolue, et doit s’occuper d’enfants dans une très grande misère. Il les apprivoise, réussit à se faire accepter par eux pour passer ensuite aux apprentissages fondamentaux.
Une telle situation n’est pas très éloignée de ce qui se passe avec l'éducation des enfants de gitans, ce dont témoigne le reportage dans l'Ecole des Marais de Décinnes destiné à des enfants du voyage semi-sédentaires.

3."Peut-on enseigner sans savoir ?" Joseph Jacotot (1770-1840)
Un film de Maurice Ferlet

Enseignant dans l’armée napoléonienne, Jacotot s’exile au retour des Bourbons et finit par obtenir un poste de lecteur de littérature française à l’université de Louvain. Ignorant la langue flamande, il fait acheter à ses étudiants une édition bilingue du Télémaque de Fènelon avec laquelle il leur demande de travailler eux-mêmes à comprendre le texte français. Sans rien leur enseigner, il obtient d’excellents résultats. De cette expérience, Jacotot en tire un principe pédagogique radical : nul n’a le droit d’enseigner que ce qu’il ignore. On peut aujourd'hui en tirer le principe que pour bien enseigner, il faut d'abord mettre les élèves au travail.
Deux situations d'apprentissage illustrent l'intérêt de ce principe : des élèves guidés par Robert Caron, formateur et adepte de Jacotot, découvrent la Bretagne depuis le Centre de Lecture de Nanterre ; sous la houlette d'un professeur de technologie et d'un professeur de Français des collégiens de SEGPA (Section d'Enseignement Général et Professionnel Adapté) construisent une yole à Bondy.

haut de page

4. "Doit-on croire les enseignants sur parole ?" Léon Tolstoï (1828-1910)
Un film de Thierry Kübler

Si l'on ne présente plus Léon Tolstoï l'écrivain, Léon Tolstoï le pédagogue est en France beaucoup moins connu. Et pourtant, son œuvre pédagogique vaut son œuvre littéraire. Très engagé en Russie pour la libération des serfs, il comprend vite que le servage est autant mental que social. Se rendant compte qu'à travers toute l'Europe, l'enseignement fonctionne sur le mode de la domination de l'enfant par son professeur, il invente, et met en pratique dans différentes écoles qu'il fonde, une autre pédagogie : une pédagogie de la libération. Idées principales : mettre l'enfant directement en contact avec les œuvres de la culture et ne pas hésiter à aborder avec lui des questions complexes, celles qui l'intéressent en général le plus, avant de lui apprendre le "Baba" des savoirs sous-jacents à ces questions.
Racontant l'histoire du pédagogue Léon Tolstoï notamment grâce au témoignage de la Comtesse Tolstoï, Présidente de l'association française des amis de Tolstoï, le film relate une expérience pédagogique intiée par la fondation 93 qui met directement en rapport des élèves avec la culture scientifique, représentée par une histoire racontée, "l'histoire du vivant", le paléontologue Pascal Picq et la grande galerie de l'évolution que les enfants visitent avec le conservateur.

DVD 3

1. "Faut-il se méfier de l'affection en éducation ?" Don Bosco (1815-1888)
Un film de Maurice Ferlet

Prêtre salésien, Don Bosco est une des grandes figures de l'éducation de rue. Dès l'âge de 27 ans, il se donne pour objectif d'éduquer les enfants délinquants des faubourgs populaires de Turin. Face à ces jeunes marginaux, Don Bosco réalise combien la prévention est essentielle. Avec son concept d'"amorevolezza", il cherche à définir la juste distance nécessaire à un rapport positif entre l'éduqué et l'enseignant. Cette même distance que doivent trouver les éducateurs d'aujourd'hui.
Le film prend pour exemple de travail de prévention et de soutien scolaire le centre du Valdocco d'Argenteuil fondé par le prêtre Jean-Marie Petitclerc. Le psychanalyste Jacques Lévines nous présente l'intérêt de la démarche de Don Bosco et nous introduit aux groupes de parole d'enseignants qu'il a mis en place afin que ces derniers puissent évoquer les problèmes affectifs qu'ils peuvent avoir avec leurs élèves, des parents ou d'autres enseignants.

haut de page

2. "Peut-on fonder l'éducation sur le seul désir de l'enfant ?" Alexander S. Neill (1883-1973)
Un film de Maurice Ferlet

En 1924, l'Anglais Alexander S. Neill ouvre "l'école de Summerhill" une école fondée sur le désir : l'enfant n'apprend que ce qu'il veut et quand il le veut. Le livre de Neill "Libres enfants de Summerhill", traduit en français en 1970, devient un véritable phénomène de société qui interroge la possibilité de fonder l'éducation sur le seul désir de l'enfant. Si, aujourd'hui, la question du désir d'apprendre demeure centrale, les réponses pédagogiques se sont renouvelées.
Le film fait découvrir l'école de Summerhill dans les années 50 et 60 et témoigner Alexander S. Neill sur sa conception de l'éducation. Gabriel Cohn-Bendit nous raconte par ailleurs les débuts du Lycée autogérée de St-Nazaire, au début des années 80, et analyse son développement. Enfin, l'expérience menée actuellement au Lycée Jean Lurçat, "La ville pour école", montre comment recréer chez des "décrocheurs" le désir de savoir.

haut de page

3. "Pourquoi apprendre à lire ?" Paulo Freire (1921-1997)
Un film de Thierry Kübler

Pédagogue brésilien, Paulo Freire invente une méthode d'alphabétisation qui permet d'apprendre à lire et à écrire à des adultes en 30 heures. Principe essentiel : s'appuyer sur le savoir préalable des apprenants, sur les mots qui leur tiennent particulièrement à cœur afin de les conduire à d'autres savoirs, d'autres mots et de les faire devenir de véritables sujets du monde, capables de le dire et donc de le transformer. Cette méthode que Freire appliquera non seulement au Brésil mais partout dans le monde le conduira à l'exil politique puis lui vaudra une renommée internationale.
Ouvert par un entretien avec Federico Mayor, ancien directeur général de l'Unesco et ami du pédagogue, le film nous fera découvrir l'adaptation de la méthode Freire dans un centre de formation en Belgique et à travers l'atelier d'écriture Roseback, animé par Ricardo Montserrat, qui déboucha sur la publication du livre "Ne crie pas" dans la collection série noire de Gallimard.

haut de page

4. "Suffit-il d'écouter pour aider ?" Carl Rogers (1902-1987)
Un film de Marie Frapin

Psychothérapeute, éducateur, l'américain Carl Rogers a développé une technique d'écoute favorisant le développement de la personne. Cette technique est largement utilisée dans la formation, initiale et continue, des soignants à la relation d'aide. Elle est nouvellement appliquée dans le cadre de la prévention de la violence, notamment à l'école. Si l'enseignement découlant des principes de non-directivité de Rogers n'en est restée qu'au stade de l'expérience, on doit à l'américain un certain type d'attitude, maintenant relativement répandue, à l'égard de l'élève, notamment lorsqu'il se trompe.
Introduit par une formation continue de soignants à la technique d'écoute de Rogers, le film s'attache à la rencontre de Daniel Hameline, grand pédagogue suisse et ancien professeur de philosophie, avec un ancien de ses élèves avec lesquels il a mis en pratique la non-directivité en classe au début des années 60… Le film se conclue sur l'application de certains principes de Rogers au Collège de Lunel pour la prévention de la violence.

haut de page

5. "Que peut-on apprendre par la création ?" Germaine Tortel (1896-1975)
Un film de Marie Frapin

Inspectrice des écoles maternelles, Germaine Tortel s'intéresse aux productions artistiques des enfants et crée le premier centre de documentation pédagogique pour recueillir ces créations. Inventant une vraie pédagogie basée sur la création artistique, elle cherche à amener l'enfant à s'impliquer tout entier dans ses actions, à le rendre exigeant à l'égard de son geste et attentif à la collectivité dont il fait partie. A l'heure de l'enfant zappeur et de l'individualisme généralisé, ces objectifs se révèlent d'autant plus importants.
Montrant de multiples œuvres d'élèves ayant suivi la méthode Tortel (y compris à travers le film "Les primitifs du 13ème" narré par Arletty), le film, introduit par le chanteur pour enfants Jacques Douai, se concentre sur une classe de maternelle de Sceaux qui travaille sur la thématique de l'ami.

haut de page

DVD 4

1. "Peut-on faire une école sur mesure pour chacun ?"… Edouard Claparède (1873-1940)
Un film de Laurent Boileau

Né à Genève en 1873, Edouard Claparède appartient à cette génération pour qui à la fin du XIXème siècle le terme de psychologie change de sens. S'intéressant à la diversité des qualités individuelles, le médecin Claparède fait également des recherches sur les examens, sur les aptitudes et sur les modes d'organisation de l'enseignement qui permettront d'aboutir, selon le titre d'un de ses livres à une "école sur mesure". Se pose à travers cette pensée sur l'école la question de l'individualisation de l'éducation. Cette question est aujourd’hui particulièrement d’actualité, dans tous les domaines, de l’école maternelle à la formation professionnelle.

haut de page

2. "Le travail de groupe : une toute autre manière d'enseigner ?"… Roger Cousinet (1881-1973)
Un film de Maurice Ferlet

Imprégné de la "pédagogie de la liberté" de Tolstoï, Roger Cousinet devient inspecteur de l'enseignement primaire en 1909. De cette place, il suit des expériences pédagogiques dans de nombreuses classes et en tire de multiples enseignements. Dans son livre publié en 1950, La vie sociale des enfants. Essai de sociologie enfantine, il marque son intérêt pour la question de la socialisation des enfants. Selon lui, l'intérêt de l'école c'est que des enfants s'y rencontrent. Dans la cour de récréation se constitue une véritable société enfantine. Malheureusement, en classe, on n'en tient généralement pas compte et, pourtant, si le besoin de socialisation est très fort chez l'enfant, un apprentissage de la vie sociale est nécessaire... De plus, Cousinet pense que c’est seulement dans le travail en groupe et le débat entre les élèves que s’effectuent les véritables apprentissages ? Mais à quelles conditions ce travail est-il efficace ?

 

3. "La méthode globale : quel enjeu, quelles limites ?"… Ovide Decroly (1871-1932)
Un film de Marie Frapin

Né à Renaix en Belgique, Ovide Decroly a été l'un des plus grands inspirateurs de l'éducation nouvelle. A 30 ans, en 1901, avec l'aide de son épouse, il accueille dans sa propre demeure 25 enfants dits “ anormaux ” créant pour eux son premier institut d'enseignement spécial. Passionné de psychologie, il mène un travail très poussé sur les attitudes et les besoins de l'enfant. La méthode globale de l'apprentissage de la lecture dont il est le principal initiateur avec Dottrens part d'une de ses idées essentielles : les enfants perçoivent spontanément des ensembles ; c'est seulement par la suite que l'esprit s'attache à certains détails, l'observation permettant l'analyse en éléments. La méthode globale appliquée durant un temps dans le système éducatif français est aujourd'hui très critiquée. Elle est aussi défendue par certains. Il est temps de faire le point dans un débat très passionnel.

haut de page

4. "Les bons élèves sont-ils tous des névrosés ?"… Françoise Dolto (1908-1988)
Un film de Maurice Ferlet

Née dans une famille aisée traditionnelle, Françoise Dolto doit batailler dur pour faire des études de médecine. En 1939, elle achève sa thèse intitulée "Psychanalyse et Pédiatrie". Proche de Lacan, elle se caractérise par une qualité d'écoute des enfants hors du commun. "Médecin d'éducation", formule par laquelle elle aime à se définir et qui intègre son désir de soigner les enfants et celui de soigner l'éducation, Françoise Dolto fait de nombreuses propositions pour améliorer le sort de l'enfant qu'elle considère non comme un "objet à éduquer" mais un sujet à écouter et à respecter. Son “ respect ” de l’enfant est tel qu’elle en vient à penser que la réussite scolaire impose souvent des coercitions incompatibles avec le développement harmonieux de la personne. D’où son apostrophe célèbre : " tous les bons élèves sont des névrosés".

haut de page

DVD 5

1. "Comment donner accès à tous les savoirs ?"… Comenius (1592-1670)
Un film de Maurice Ferlet

Avant l’encyclopédie, Comenius, protestant fidèle à l’enseignement de Luther qui voulait mettre à disposition de tous le maximum de savoirs possibles, imagine un gigantesque ouvrage : La grande Didactique. Ce manuel immense se propose de permettre aux enfants d’accéder aux savoirs de manière progressive et exhaustive (contrairement à ce qui se passe dans la vie). Il comprend même une partie “ La porte des langues ” qui doit permettre d’apprendre toutes les langues étrangères selon une progression absolument rigoureuse. Il s’agira notamment d'évaluer aujourd'hui les avantages du manuel scolaire par rapport à l’apprentissage par immersion…

haut de page

 

2. "L'école maternelle pour quoi faire ?"… Pauline Kergomard (1838-1952)
Un film de Maurice Ferlet

Inspectrice générale des écoles maternelles de 1881 à 1917, première femme à être élue au Conseil Supérieur de l'Instruction Publique, Pauline Kergomard joue un rôle essentiel dans la transformation des salles d'asile en écoles maternelles aussi bien sur le plan de la définition officielle des objectifs et des activités que sur celui des pratiques dans les classes. Avec, notamment, son plaidoyer en faveur du jeu libre et son insistance sur la connaissance nécessaire de l'enfant et de son milieu de vie, elle a participé de la fondation d'une "école" que beaucoup de pays nous envient. Quelles sont donc aujourd'hui les spécificités de l'école maternelle française ? Sont-elles menacée par une sorte de “ secondarisation ” ? Quel est son avenir ?

haut de page

3. "Le travail manuel est-il nécessaire à la formation ?"… Kerchensteiner (1854-1932)
Un film de Thierry Kübler


Pour Kerchensteiner, on ne peut parvenir à l’autonomie qu’à travers la discipline imposée par le travail de groupe productif en équipes : il ne conçoit l’éducation qu’à travers l’expérience, l’action, la fabrication. Il met en place en Allemagne des écoles expérimentales qui mettent les enfants très jeunes en situation de production en “ ateliers ” et, à partir de là, greffe les apprentissages plus abstraits. IL sera décisif pour l’introduction de ce que l’on nommera plus tard “ l’apprentissage ” dans le modèle allemand. Il pose la question de la relation très contemporaine entre éducation scolaire et éducation “ sur le terrain ”

haut de page

4. "L'école doit-elle délivrer l'enfant de ses parents ?"… Alain (1868-1951)
Un film de Thierry Kübler

Philosophe, enseignant, essayiste, Alain est l'auteur des "Propos sur l'éducation". Il croit fermement au pouvoir de celle-ci à condition qu'elle s'appuie sur la rigueur et fasse appel à la volonté et à l'effort. Postulant que l'élève vise au "difficile" et non à "l'agréable", Alain invite les enseignants à prendre une certaine distance et à demeurer impassible afin d'être le mieux aptes à comprendre et à instruire. Tout comme Montaigne, il considère que la famille instruit mal et même élève mal parce qu'il ne faut point mêler l'affection dans l'instruction. Avec Alain, l'on peut ainsi aborder la difficile relation entre l'école et les parents, la place de ceux-ci dans l'institution scolaire.

haut de page

DVD 6

1. "« étudier « et non « enseigner »"… Albert Thierry (1881-1915)
Un film de Thierry Kübler

Albert Thierry, disciple de Péguy, élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, littéraire brillant, est nommé instituteur de primaire supérieur en 1912 à Melun. Il est enthousiaste et veut absolument faire partager ses convictions et faire appréhender à ses élèves “ la grande culture émancipatrice de la République ”. Mais ses élèves, fils de paysans et peu préoccupés des choses de l’esprit, ne l’entendent pas de cette oreille. Lors de son premier cours, Thierry veut absolument leur livrer le meilleur de lui-même : il décide de leur lire le chapitre le plus poignant des “ Misérables ” de Victor Hugo. L’instituteur se prend au jeu et se met même à pleurer tant sa lecture l’émeut. À la fin de celle-ci, il lève les yeux : ses élèves sont tous sortis de la classe et lui font des grimaces à travers les vitres. Il est catastrophé. Comment fera-t-il pour parvenir néanmoins à leur faire partager son enthousiasme ? Il s’agira d’évaluer les solutions d’Albert Thierry et de s'interroger sur le contenu des savoirs à transmettre. Les “ grandes œuvres ” n’ont-elles pas encore aujourd’hui, y compris pour les élèves réputés difficiles, un immense pouvoir mobilisateur ?

haut de page

2. "La punition peut-elle être éducative ?" Makarenko (1888-1939)
Un film de Bernard Kleindienst

En Union Soviétique, immédiatement après la révolution, Makarenko s'occupe de colonies de "jeunes délinquants orphelins". À travers le cas d’Oujikov à qui l’on va interdire de parler durant un mois pour le punir d’un vol, on évoquera l'importance pour tout adolescent d'évoluer dans un cadre organisé, reposant sur des décisions légitimes, des règles qui interdisent et autorisent : l’adolescent est considéré comme responsable de ses actes, puni en conséquence, mais placé dans un contexte où il peut rompre avec ses propres fautes. La situation impose la réflexion à Oujikov ; l’interdit l’autorise en fait à une prise de parole authentique. Plus largement, l’œuvre de Makarenko invite à réfléchir sur le bon usage de la sanction en éducation.

haut de page

3. "Peut-on apprendre à faire la paix avec soi-même ?"… Rabindranath Tagore (1861-1941)
Un film de Marie Frapin

Né en Inde, Tagore enseigne dans la célèbre école de Santiniketan, fondée en 1901. Son travail éducatif est fortement inspiré par les disciplines indiennes. Tagore a exercé une fascination importante auprès des éducateurs du début du siècle. Il s'agira d'évaluer ce que la contemplation, une "certaine qualité de silence" aurait dit Avicenne, peut permettre d'apporter à ceux que l'on veut éduquer. A travers Tagore, c’est toute la tradition orientale et son apport possible dans la réflexion éducative contemporaine qui seront abordés.

haut de page

4. "Suffit-il de décréter l'égalité pour la faire ?"… Paul Robin (1837-1912)
Un film de Richard Hamon

Anarchiste de la première heure, Paul Robin est un très actif militant politique avant d’accepter la direction d’un orphelinat à Grandvilliers : il se propose de lancer là son “ expérience d’enseignement intégral pour les enfants des deux sexes ”. En marge de l’école de Ferry, il va tenter une éducation originale. Il est tout de suite attaqué très vivement par l’église et les conservateurs : les deux reproches qui lui sont faits sont la mixité et la suppression de l’instruction religieuse. À partir de son oeuvre, il s’agira de s’interroger sur les arguments qui plaident pour ou contre la mixité car le débat n’est pas clos aujourd’hui : certaines “ féministes ” pensent en effet que sans le poids des garçons les filles apprendraient mieux et plus vite . On élargira cette question de la mixité en traitant de l'hétérogénéité des classes, des classes de niveau…

haut de page

5. "Peut-on enseigner sans écoles ?"… Ivan Illich (1926)
Un film de Thierry Kübler

Né à Vienne d'un père dalmate, Ivan Illich devient un évêque novateur de l'église catholique. Il conduit des entreprises d'enseignement variées et singulières à Porto Rico, New York et à Cuernavaca au Mexique. En 1971 est traduit en français l'un des ses livres, "Une société sans école", qui a un impact exceptionnel. Illich y propose, en fait, non une société sans école mais une déscolarisation progressive remplacée par un système ouvert de réseaux éducatifs qui interviennent à différents stades de la vie (formation continue, 3ème âge…). Il avance notamment l'idée d'un réseau d'échange de savoirs, un enseignement mutuel sur tous types de sujets : "je te donne deux heures de maths contre deux heures de patins à roulettes". De tels réseaux existent en France et même dans certains lycées dans lesquels une large partie du savoir transmis provient d'une sorte de tutorat généralisé. La place d'internet dans la transmission pourra aussi être abordée.