Les troubles des fonctions non-verbales

La rééducation

Les troubles de la perception visuelle

Introduction

Bases neuropsychologiques des apraxies « gestuelles »

La neuropsychologie cognitive (P. Gillet, p.13) a reconsidéré la notion d'apraxie idéatoire (perte de la capacité d'utilisation d'un objet) et idéo-motrice (perte de la capacité de réalisation d'un mime comme « au revoir »), en interprétant ces déficits du traitement du geste comme une altération précise entre le moment où l'objet est vu, identifié, et celui où le geste sera réalisé avec ou sans l'objet. Chez l'enfant, le développement de la coordination oculomanuelle et l'apprentissage de l'utilisation des objets sociaux dépendent des capacités praxiques. Les modèles récents de traitement des informations gestuelles devraient permettre de mieux analyser les déficits des enfants dyspraxiques et de proposer des démarches de rééducation plus appropriées.

Le développement de la dominance et des fonctions non-verbales

Les fonctions non-verbales sont bien moins connues que le langage chez l'enfant (en dehors des spécialistes en rééducation fonctionnelle). Même si les principales étapes du développement sont repérées par les professionnels, les troubles sont souvent négligés ou mal interprétés... pour le plus grand drame des enfants et de leurs familles.

J.M. Albaret (p.16) décrit précisément les étapes du développement des activités graphiques et praxiques. Il convient de différencier le développement de la production de formes puis de dessins en l'absence de modèles et le développement de la copie. Sous le terme de praxies visuo-constructives, on entend toute situation consistant à construire un ensemble organisé comme les copies de dessins et de constructions dans l'espace, par exemple avec des bâtonnets.

Le développement du dessin est lié à la maturation des aires cérébrales impliquées dans la perception visuelle, spatiale, la motricité et la réalisation du geste. Bien sûr, le dessin permet à l'enfant d'exprimer ce qu'il ressent mais il est surtout l'expression de ses fonctions cognitives. On l'ignore trop. Le dessin évolue avec l'âge, de même que l'écriture, qui est plus qu'un dessin mais nécessite aussi la maîtrise du dessin. Les troubles graphiques sont plus lourds de conséquences qu'on ne le pense. En Grande Section de Maternelle ou en CP, une écriture maladroite ou franchement défectueuse ne doit pas être en soi considérée comme l'expression d'une mauvaise volonté.

Le développement de la dominance manuelle (J.M. Albaret, p. 21) est beaucoup plus complexe et sujet à polémique que le simple concept d'un hémisphère dominant, habituellement gauche, sous tendant la préférence manuelle et les activités de langage. Les hypothèses de son développement sont aussi hétérogènes que les disciplines des auteurs ayant travaillé sur le sujet. Pour certains, l'asymétrie fonctionnelle dépend d'une asymétrie cérébrale. Pour d'autres, il s'agit d'une origine génétique. Pour d'autres encore, la sécrétion et la réceptivité cellulaire accrue à la testostérone chez le foetus détermineraient ces différences anatomiques entre les deux hémisphères. Enfin, certains auteurs font reposer la dominance manuelle sur la position intra-utero du foetus. Difficile de s'y retrouver, surtout si on sait que, socialement, tout concourt à favoriser l'utilisation préférentielle de la main droite. La stabilité de l'acquisition d'une préférence manuelle de la main droite est plus précoce, plus forte, chez les filles issues de familles de droitiers que dans les autres cas de figures. A la fin de la première année, la latéralité bi-manuelle des gestes complémentaires (nécessitant les deux mains) s'installe. Puis, la préférence manuelle unilatérale se stabilise entre trois et six ans, selon les auteurs. N'oubliez pas : ce n'est pas une ambidextrie ou une gaucherie qui est responsable d'un trouble des apprentissages mais seulement leur association qui est fréquente, probablement du fait du trouble de la maturation de la spécialisation hémisphérique.

Les évaluations des fonctions non-verbales

Trois disciplines décrivent leur participation à l'évaluation des fonctions non-verbales visuo-praxiques : ergothérapie (C. Galbiati, M.E. Barale, p. 25), psychomotricité (C. Galbiati, M.E. Barale, J.M. Albaret, p. 25, F. Roger, V. Goly, p. 32), neuropsychologie (A. Kervarrec, p. 36). Le diagnostic d'un trouble spécifique des fonctions non-verbales, qu'il s'agisse d'un trouble de l'acquisition de la coordination ou d'une dyspraxie ou encore d'une incapacité des apprentissages non-verbaux, se fait en deux temps :
- Affirmer que le trouble est isolé, c'est-à-dire que l'intelligence verbale (mesurée par le Quotient Intellectuel Verbal) est normale.
- Faire une évaluation des capacités de réalisation du mouvement, de la reconnaissance visuo-spatiale et de la réalisation visuo-praxique.

L'évaluation des fonctions non-verbales relève des compétences d'un ergothérapeute et/ou d'un psychomotricien. Ces deux disciplines ont un champ commun, mais aussi chacune leur spécificité : le psychomotricien dans le champ de l'exploration du mouvement et de l'action, l'ergothérapeute dans le champ de la réadaptation. Le premier article (p. 25) est co-écrit par deux ergothérapeutes et un psychomotricien ; l'évaluation, plus spécifiquement en psychomotricité, est décrite dans le second (p. 32) et l'évaluation par le psychologue spécialisé en neuropsychologie dans le troisième (p. 36) . Il y a un certain recoupement entre ces trois regards. En tout état de cause, cette évaluation spécifique des fonctions non-verbales est aussi indispensable au diagnostic que l'évaluation orthophonique est indispensable au diagnostic des troubles spécifiques du langage oral ou écrit.

Le premier article sur l'évaluation de l'écriture et des praxies (C. Galbiati, M.E. Barale, J.M. Albaret, p. 25) comprend plusieurs parties :
- Le bilan neuro-moteur : mobilisation passive et active des membres supérieurs.
- Le bilan du graphisme : dessin spontané, dessin du bonhomme, de la maison et de la fleur, dessin de formes géométriques, en comparant le dessin spontané et en copie pour voir si elle améliore ou, au contraire, détériore la production. Certaines de ces copies de dessins ont été étalonnées comme le VMI (Visual Motor Integration) ou la Figure de Rey.
- L'évaluation de l'écriture : par l'écriture sur commande du prénom, de mots simples, par la copie d'une phrase simple (« Le petit cheval gambade ») ou l'utilisation de tests comme le BHK. Il s'agit d'observer comment l'écriture dépend du support, d'observer les caractéristiques du tracé, l'écriture de graphotomes (copie d'unités graphiques qui ne sont pas des lettres).
- L'évaluation des praxies constructives en deux dimensions (avec des bâtonnets) ou en trois dimensions (avec des cubes) ou avec des puzzles.
- L'évaluation de la dextérité manuelle.

L'article de F. Roger et V. Goly (p. 32) décrit la particularité du bilan en psychomotricité à partir de l'évaluation d'enfants handicapés par une dysgraphie.

L'article de A. Kervarrec (p. 36) concerne l'évaluation de ces fonctions non-verbales par un psychologue :
- Les informations données par l'analyse des subtests des batteries psychométriques (Echelle de Weschler, K-ABC, Mc Carthy, EDEI).
- L'analyse plus fine de la copie de la Figure de Rey en lui donnant un programme d'analyse dans le but de différencier les troubles de la construction visuo-praxique liés à un déficit visuo-spatial des troubles liés à un déficit de planification où la copie s'améliore considérablement avec le programme.

Enfin, l'évaluation de la dominance manuelle (J.M. Albaret, p. 40) consiste en des questionnaires d'utilisation appréciant la préférence manuelle et l'étude des performances manuelles à l'aide de tâches étalonnées variées (écriture ou autres activités manuelles).

Des regards différents

La description de ces troubles est confuse dans la littérature et donc peu connue des praticiens qui les rencontrent. Les regards si différents des spécialistes du mouvement et des neuropsychologues ne permettent pas aux cliniciens d'avoir une idée précise de ces troubles, en dehors des conséquences bien connues de la prématurité.

M. Mazeau (p. 41), médecin de rééducation fonctionnelle particulièrement experte dans ces difficultés, nous ouvre un chemin pour nous y retrouver.
Il y a deux approches des « troubles du mouvement intentionnel » :
- Une approche générale, centrée sur la notion de coordination avec les troubles d'acquisition de la coordination.
- Une approche cognitive où le trouble n'est pas seulement dans l'exécution du mouvement en lui-même mais dans la maîtrise de son objectif : le résultat du geste dépend de la qualité de l'agencement, de l'assemblage, de l'organisation spatio-temporelle qui permettra le dessin d'une maison ou de la Figure de Rey mais aussi la réalisation d'un geste complexe. Donc, une approche prenant en compte des aspects cognitifs ou neurophysiologiques. Les dyspraxies et les incapacités d'apprentissage non-verbal se situeraient à ce niveau de déficit.

Les « TAC » : troubles d'acquisition de la coordination

Autrefois appelés « débilité motrice », vous comprenez vite l'importance de les reconnaître (J.M. Albaret, p. 45). Il ne s'agit en rien d'une déficience intellectuelle, seulement d'une « maladresse » à la réalisation des gestes, qu'il s'agisse de porter la cuillère à sa bouche, de faire du vélo, de dessiner un losange. Les « TAC » ont maintenant droit de cité dans le DSM-IV et la CIM-10 : « La caractéristique essentielle est une altération du développement de la coordination motrice, non imputable entièrement à un retard intellectuel global ou à une affection neurologique spécifique, congénitale ou acquise. »
L'intensité, l'âge de survenue varient en fonction des enfants. Les facteurs étiologiques regroupent à peu de choses près les facteurs pré-, péri- ou néo-nataux où les troubles de coordination s'accompagneraient de ce qui a été appelé les « soft signs ». Enfin, la co-morbidité avec dysphasie, TDAH et dyslexie rejoint ce que F. Ramus (cf. livret Langage écrit) décrit de la « théorie cérébelleuse » de la dyslexie. Souvenez-vous, l'important est de les reconnaître et de favoriser l'adaptation : le principal « crime » de ces enfants est d'écrire mal...

Les dyspraxies : de la plainte au diagnostic

Si vous n'avez jamais rencontré un enfant dyspraxique, M. Mazeau, qui connaît si bien la question, va vous le décrire (M. Mazeau, p. 49) :
- Il parle bien, trop bien et souvent trop : en somme il est intelligent (il reste à vérifier son efficience intellectuelle verbale).
- Il n'a jamais aimé jouer aux jeux de constructions ni dessiner : vous avez beau vous extasier sur ses productions, il sait combien elles sont loin de ce qu'il aimerait faire.

Pour faire le diagnostic de dyspraxie, il faut authentifier le décalage entre une intelligence verbale (normale) et une intelligence non-verbale (déficitaire).
La principale conséquence de la dyspraxie, celle qui handicapera l'enfant dès la Grande Section de Maternelle, ce sont ses difficultés en graphisme. Et puis celles-ci ne s'arrangent pas avec l'entraînement : son enseignante pleine de bonne volonté qui le fait écrire pendant la récréation... pour qu'il écrive mieux, le désespère et... se désespère aussi ; il n'écrit pas mieux. En revanche, sa vivacité à l'oral, ses capacités à apprendre le déchiffrement de la lecture l'étonnent. A n'y rien comprendre !
En mathématiques, ce n'est pas la comptine ni le rappel des tables qui gênent l'enfant, contrairement aux enfants dyslexiques, c'est le dénombrement : il ne peut pas pointer et compter en même temps une collection qu'il ne pourrait déplacer. En revanche, il peut faire un calcul mental digne d'un petit génie : il suffit de ne mettre en jeu aucun facteur spatial !
S'il apprendra facilement à déchiffrer, il aura du mal à se repérer dans un texte long à cause, encore, du repérage visuo-spatial. Il aura aussi du mal à se constituer le lexique orthographique qui permet de lire vite et de bien orthographier (corbeau écrit « corbeau » et non « caurbo »), du fait de ses difficultés d'abord visuelles.
Voilà, vous l'avez reconnu : faites le diagnostic, expliquez à l'enfant, aux parents et aux enseignants. Vous les aurez déjà tant aidés !

La diversité des dyspraxies

Tout comme pour les dysphasies, Stambak et Ajuriaguerra avaient décrit les dyspraxies dans les années soixante : ces enfants intelligents, maladroits, gênés dans leur organisation spatiale comme les adultes porteurs d'apraxie constructive.
Et pourtant, on continue à ne pas les reconnaître, à dire que « S'ils voulaient, ils pourraient ».
Il en est de même pour les dyspraxies que pour les dysphasies : le « générique » existe, nous l'avons rencontré et vous devez le reconnaître, mais la diversité des difficultés précises présentées par chaque enfant est si grande qu'elle pourrait résister à toute classification (M. Mazeau, p. 56). Mieux vaut savoir reconnaître les troubles puis effectuer les examens indispensables au diagnostic (WISC ou WPPSI et l'évaluation des fonctions graphiques et praxiques). Et expliquer à l'enseignant de quoi il retourne, faute d'avoir une solution « réparatrice » à lui proposer.

Les incapacités d'apprentissage non-verbal

M. Mazeau (p. 41) nous a présenté, dans l'introduction, les troubles spécifiques des fonctions non-verbales subdivisés en trois groupes de pathologies, même si on peut considérer un certain regroupement entre ces pathologies :
- Les « TAC » où le déficit essentiel est au niveau du mouvement.
- Les dyspraxies, décrites de longue date chez les anciens prématurés, mais dont on sait aujourd'hui qu'elles peuvent exister en tant que trouble congénital sans prématurité.
- Les incapacités des apprentissages non-verbaux que J.M. Albaret (p. 61) nous décrit.

Il s'agit là d'enfants qui présentent un profil de déficit du QIP par rapport au QIV normal, sans pour autant avoir la gravité des dyspraxies.
Ces troubles ont été répertoriés par Rourke sous le terme de « Non Verbal Learning Disabilities » et parfois associés à des pathologies neurologiques (hydrocéphalies) ou des psychopathologies (psychoses). Depuis, de tels tableaux ont été décrits dans la littérature en association avec des épilepsies particulières (cf. l'article Les paroxysmes EEG intercritiques et les troubles des apprentissages, livret Les grandes pathologies). La possibilité de tels tableaux isolés congénitaux, sans autre antécédent, est aujourd'hui connue des spécialistes.
Or, la reconnaissance de ces troubles est fondamentale... comme celle des dyspraxiques :
- Le symptôme précoce essentiel est le trouble du graphisme qui est souvent méconnu.
- Ces enfants ont volontiers un comportement hyper-verbal (le langage est de bonne qualité), ce qui concourt à les prendre pour des troubles purement comportementaux.
- Les conséquences sur les apprentissages concernent surtout les mathématiques et la voie d'adressage en lecture et orthographe et sont donc pénalisantes…

J.M. Albaret (p. 61) décrit l'état actuel des connaissances sur ces troubles qui méritent d'être mieux dépistés, mieux délimités, pour définir les critères de repérage, de dépistage, de diagnostic et surtout de rééducation et d'adaptation pédagogique.
Les grands axes de
la rééducation des dyspraxies

Faire le diagnostic d'une dyspraxie est déjà une façon de la traiter. Il n'empêche qu'il y a des possibilités de rééducation et des nécessités d'adaptation pédagogique (M. Mazeau, p. 66).
- La rééducation des dyspraxies ne relève pas de l'orthophonie mais des psychomotriciens ou ergothérapeutes, ne vous trompez pas dans l'orientation...
Elle comporte plusieurs parties :
- La prise en charge de la dysgraphie, idéalement en Moyenne Section de Maternelle, au plus tard en Grande Section.
- La prise de conscience par les enseignants que l'évolution du graphisme est souvent favorable mais pas une restitution ad integrum. Donc, plus les exigences scolaires augmentent, plus l'enfant dyspraxique est pénalisé si l'entourage pense que « S'il voulait, il pourrait ». Non, il ne peut pas. C'est du reste pour cela que l'indication de la mise au clavier d'un ordinateur va se discuter.
- Le handicap dans les gestes de la vie quotidienne doit amener à une réflexion avec l'enfant et sa famille sur les indications d'une rééducation spécifique et plus encore d'une adaptation de l'environnement pour ne pas dévaloriser ces enfants.
- La dyscalculie spatiale existe ; elle s'associe à d'excellentes capacités, chez ces enfants dyspraxiques, dans la connaissance du nombre (chaîne numérique, tables) et dans le raisonnement et, c'est sur cela que l'on s'appuie pour apprendre à ces enfants les mathématiques « autrement », sans les faire dénombrer, en les aidant à poser leurs opérations, en n'ayant aucune exigence en géométrie...
Cet article (p. 66) est à lire avant d'aborder les rééducations spécifiques des ergothérapeutes et des psychomotriciens.

Les deux articles suivants (pp. 68, 75) présentent l'expérience en ergothérapie et en psychomotricité de la rééducation des troubles praxiques et graphiques. Où l'on voit la différence des regards mais aussi leur complémentarité, tout comme dans l'évaluation. Le rôle privilégié de l'adaptation (pour l'habillage, la mise au clavier...) est décrit en ergothérapie et le tout début des travaux d'évaluation des effets des techniques rééducatives sur la motricité manuelle, le graphisme... est décrit en psychomotricité.

La rééducation en ergothérapie

Les ergothérapeutes sont les thérapeutes de la « réadaptation » et les psychomotriciens sont les thérapeutes « du mouvement et de l'action ».
Les deux articles (pp.14, 15) sur la rééducation des déficits des fonctions non-verbales en ergothérapie et en psychomotricité montrent bien cette complémentarité.

En dehors des conditions pratiques (durée, rythme des séances), on peut définir les axes essentiels :
- Le graphisme : la dysgraphie est un des signes les plus handicapants des dyspraxies. Or, il est difficile d'éviter l'écriture dans la vie quotidienne... et à l'école. La précocité de la prise en charge semble essentielle, en plus de la fonction thérapeutique de reconnaître que les difficultés de l'enfant sont liées à sa maladie... et non à sa mauvaise volonté. Il est moins laborieux de construire avec l'enfant les principales bases de l'écriture que de revenir sur de mauvais automatismes. La verbalisation sera le canal de substitution, puisque le langage est préservé, et la verbalisation sera utilisée, en plus d'autres canaux (visuels, kinesthésiques) pour aider l'enfant à « monter, tourner, etc. » dans l'écriture des lettres. Et le clavier ? La mise au clavier dépend de la gravité de la dyspraxie, de l'évolution de la rééducation du graphisme et des capacités de l'enfant : ce n'est pas une mince affaire de l'apprendre de façon suffisamment fonctionnelle pour que ce soit utilisable... et cela ne sert pas à grand-chose de l'apprendre à moitié ! L'ordinateur a d'autres intérêts que le traitement de textes comme, par exemple, l

'utilisation de certains logiciels de géométrie ou de rééducation spatiale.

- L'aide aux activités quotidiennes scolaires (découpage, collage, compas...) et/ou domestiques (habillage, alimentation ou toilette) peut demander un entraînement par l'ergothérapeute dans certaines dyspraxies importantes et à la demande de l'enfant.

Tout cela ne doit pas faire oublier la nécessité absolue d'une compréhension par la famille et les enseignants des difficultés de l'enfant.

La rééducation en psychomotricité

L'article de R. Soppelsa et J.M. Albaret (p. 75) fait état d'une étude de la littérature et d'une large expérience des deux auteurs sur la prise en charge des troubles spécifiques des fonctions non-verbales. Du reste, ils sont les seuls à décrire quelques tentatives d'évaluations de ces rééducations. Il est donc particulièrement important de tenir compte de leur expérience.

On peut découper cette rééducation en plusieurs parties :
- La rééducation de la motricité manuelle qui est proposée avec une échelle d'évaluation permettant d'apprécier quantitativement les progrès des enfants.
- La rééducation visuo-constructive et graphomotrice : le travail sur la dysgraphie différencie le travail sur le graphisme hors écriture et le travail sur l'écriture elle-même qui dépend bien sûr aussi de l'apprentissage du langage écrit.

La rééducation va concerner soit :
- L'assemblage permettant des constructions de plus en plus complexes (de la pyramide de cubes à des constructions plus complexes ayant plusieurs plans d'avant en arrière).
- La reproduction de dessins selon modèles. Le type d'habilités que le thérapeute va entraîner dépendra des stratégies utilisées par l'enfant (réduction du dessin à un concept connu par l'enfant, réduction parcellaire avec enrichissement ou copie pas à pas) et de ses capacités à en acquérir d'autres.
- Le dessin libre.
- L'écriture : in fine, ce qui pénalise le plus l'enfant dyspraxique, ce sont ses difficultés d'écriture. Or, celles-ci ne peuvent pas être rééduquées simplement par une activité manuelle, en dehors des lettres. Ni la relaxation, ni le changement de posture ou de tenue de crayon, ni même le travail visuo-constructif ne semblent, seuls, pouvoir réellement aider la plupart des enfants dysgraphiques. Il n'y a du reste, semble-t-il, pas « un exercice clé » qui serait à lui seul très efficace. C'est donc la conjonction de plusieurs entraînements qui sera proposée :
- Travail sur la reconnaissance spatiale des lettres en début de primaire, dont le travail proposé en psychomotricité est assez similaire à celui proposé en ergothérapie.
- Travail de correction par l'enfant d'une copie puis de sa propre écriture.
- Travail, en particulier par l'épellation, sur la séquence des lettres à écrire.
... En plus de l'action sur la motricité fine et de tout ce qui peut être fait pour dédramatiser et donc remotiver l'enfant...

Comment l'enfant traite les informations visuelles ?

Pour que le regard soit fonctionnel (p. 92),
il faut :
- que la perception visuelle soit de bonne qualité,
- que la représentation mentale du but et des moyens à mettre en oeuvre soit possible (représentation et programmation de l'action),
- que l'oil fonctionne bien sur le plan oculomoteur

 

 

Bases neuropsychologiques, développement et évaluation de la dominance latérale, du geste, des fonctions visuo-praxiques et constructives

La neuropsychologie des apraxies « gestuelles » : implications chez l'enfant. P. Gillet

L'observation neuropsychologique d'adultes cérébrolésés permet d'envisager des troubles de l'utilisation des objets usuels, tels un peigne, une brosse à dents, etc. (5). Au début du XXème siècle, Pick (7) rapporta le cas d'un patient qui était tout à fait capable de dénommer les objets usuels et d'en décrire verbalement leurs usages. Mais il se montrait incapable de s'en servir de manière adaptée. Par exemple, il pouvait se coiffer avec un couteau. Ce trouble de l'utilisation des objets est depuis connu sous le terme d'apraxie idéatoire. Il est généralement associé à une lésion qui affecte le lobe pariétal inférieur de l'hémisphère gauche. A la même époque, Liepman (4) décrit une autre forme d'apraxie « gestuelle » qu'il qualifia d'idéomotrice. Il observa en effet des patients qui se montraient incapables de réaliser des mimes d'utilisation d'objets, comme faire semblant d'enfoncer un clou avec un marteau par exemple. Il remarqua aussi que ces patients étaient devenus incapables de réaliser des mimes plus conventionnels et culturellement admis, comme faire « au revoir » de la main. Cette perte des aptitudes à mimer est souvent associée à une lésion impliquant les zones pariéto-temporo-occipitales de l'hémisphère gauche (4, 5). Avec l'avènement de la neuropsychologie cognitive, la distinction anatomo-clinique qui est faite entre l'apraxie idéatoire et l'apraxie idéomotrice va disparaître. Ces différents troubles gestuels (utilisation, mimes...) vont être reconsidérés d'un point de vue cognitif et interprétés comme des défaillances fonctionnelles de systèmes spécialisés dans un type de traitement des gestes entre le moment où ils sont perçus, où l'objet est vu, et le moment où le geste est effectué, soit avec l'objet, soit sans l'objet (9, 10).

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Le développement du dessin, des praxies constructives et de l'écriture. J.M. Albaret

Dessin et écriture reposent sur différentes habiletés graphomotrices communes qui se différencient nettement aux alentours de six ans [1, 26, 30]. Kellogg et O'Dell [16] distinguent quatre étapes dans l'acquisition de la coordination oculomanuelle rencontrée dans le dessin et l'écriture : le gribouillage, l'association qui peut comporter une ou deux figures élémentaires, l'agrégation dans laquelle trois figures géométriques ou plus sont combinées, l'étape picturale avec une précision accrue de la production. Les différentes classifications et les âges d'acquisition concernant le développement du dessin et de l'écriture sont sujets à de fortes variations inter et intra-individuelles, du fait de l'influence de nombreuses variables sur la performance de l'enfant, et sont donnés à titre indicatif.

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Le développement de la dominance manuelle.
J.M. Albaret

Nous aborderons d'une part, les théories explicatives de l'origine et de la distribution de la dominance latérale au niveau manuel et, d'autre part, le développement de la dominance manuelle.

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L'évaluation de l'écriture et des praxies. C. Galbiati, M.E. Barale, J.M. Albaret

Cette évaluation doit toujours être précédée d'une consultation médicale au cours de laquelle le médecin donne des indications pour l'orienter. Le dossier médical apporte des informations indispensables sur l'enfant. En préambule de l'évaluation clinique, l'entretien avec les parents renseigne sur les centres d'intérêts de l'enfant et sur ses difficultés à la maison et à l'école. L'écriture étant une des praxies constructives les plus complexes, le bilan du graphisme et de l'écriture est indissociable du bilan praxique. A ces observations s'ajoute l'évaluation de la motricité des membres supérieurs incluant la motricité fine et l'habileté gestuelle. Ce bilan permet de faire la part des choses entre le trouble neuromoteur (lésion, trouble de la régulation, de la commande volontaire) et le trouble praxique. Tout en sachant, qu'à l'observation clinique, la frontière entre ces deux types de troubles est ténue.

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Le bilan psychomoteur. F. Roger, V. Golly

Des troubles dans l'apprentissage des « savoir-faire » corporels peuvent entraver momentanément ou durablement le développement cognitif et psychoaffectif d'un enfant. L'examen des fonctions non-verbales et des aptitudes corporelles est de mise dans le dépistage des difficultés d'apprentissages et des inadaptations scolaires.

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L'évaluation neuropsychologique des fonctions visuo-praxiques. A. Kervarrec

L'évaluation des fonctions visuo-praxiques s'appuie en partie sur les résultats à certains subtests de batteries composites de l'évaluation intellectuelle. Il est préférable de la compléter par des épreuves indépendantes qui permettent d'enrichir et d'élargir l'estimation de leur déficience éventuelle et de tenter de saisir, par déductions, sur quels mécanismes, sur quel niveau théorique, reposent ces difficultés.

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L'évaluation de la dominance manuelle. J.M. Albaret

L'évaluation de la dominance latérale regroupe deux aspects qui ne donnent pas des résultats totalement compatibles : la préférence manuelle et la performance au niveau manuel. La préférence manuelle est appréciée à l'aide de questionnaires ou par la réalisation de praxies usuelles, alors que la mesure de la performance passe par l'exécution de tâches nécessitant vitesse et/ou précision.

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Les troubles des fonctions non-verbales

Les troubles du mouvement intentionnel et du geste. M. Mazeau

Hormis les troubles des systèmes moteurs ou sensoriels, différentes pathologies cognitives affectant les régulations « de haut niveau » peuvent compromettre la réalisation correcte des gestes et/ou des mouvements. Ces troubles s'analysent actuellement dans deux contextes différents : les troubles de la coordination (mouvements) et les troubles praxiques (gestes). Les mouvements concernent des réalisations perceptivo-motrices dans lesquels l'élément « dynamique » est central, nécessitant des ajustements constants en temps réel durant toute la durée de leur réalisation (par exemple, attraper une balle au vol). Ces habiletés font normalement partie du patrimoine génétique de chacun et les enfants en acquièrent la maîtrise progressive sous l'influence de la maturation et de l'entraînement spontané: toute anomalie dans ces processus est responsable de « troubles de l'acquisition de la coordination » (TAC). D'autres, au contraire, sont d'acquisition facultative, répondant uniquement à des impératifs culturels (façon de se saluer, de s'habiller, de manger, d'écrire, etc) et leur réalisation est sujette à de grandes variations selon les lieux et les époques. Ces gestes donnent obligatoirement lieu à un apprentissage volontariste des adultes en direction des enfants. Leur exécution - correcte et automatisée - requiert l'inscription cérébrale d'un programme d'action qui gère l'organisation de l'enchaînement des différentes séquences du geste: toute anomalie dans ces processus est responsable d'un trouble praxique.

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Les troubles de l'acquisition de la coordination.
J.M. Albaret

Les difficultés de coordinations motrices de l'enfant sont hétérogènes et peuvent se retrouver dans des situations aussi diverses que le saut, le maintien d'un équilibre unipodal, l'utilisation d'une brosse à dents ou de couverts, le lancer d'une balle, le boutonnage ou le laçage des lacets, la copie d'un carré ou d'un triangle. Différents termes ont été utilisés pour les désigner, depuis ceux de « débilité motrice » [12], de « maladresse anormale » [28], de « dyspraxie » [33], jusqu'au « trouble spécifique du développement moteur » [26, 27] ou « trouble de l'acquisition de la coordination » [5].

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Les dyspraxies : de la plainte au diagnostic. M. Mazeau

Les dyspraxies sont des pathologies qui se constituent à bas bruit : longtemps « muettes », elles ne se dévoilent que secondairement, vers trois, quatre, cinq ans, en général. Il faudra alors savoir retrouver le fil qui relie des plaintes apparemment banales et hétéroclites (« il est maladroit », « il ne sait rien faire tout seul », « il mange toujours salement », « il écrit mal », « il n'acquiert pas la numération », « ses cahiers sont sales ») aux troubles cognitifs responsables, en amont, de ces difficultés.

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La diversité des dyspraxies. M. Mazeau

La dyspraxie est un trouble de la planification, de la préprogrammation de gestes complexes, intentionnels et finalisés. Les termes « intentionnels » et « finalisés » veulent s'opposer aux gestes réflexes. L'idée de préprogrammation, de planification recouvre la gestion automatisée des multiples composantes du geste volontaire, ou de sous-routines qui doivent être coordonnées. Au-delà de la diversité des approches, tous les auteurs sont d'accord sur un point : tous décrivent un enfant anormalement maladroit, « clumsy child », dont les difficultés à construire (cubes, bâtonnets, figures géométriques), à reproduire des dessins et à tracer les lettres contrastent avec leurs performances verbales, conceptuelles, de raisonnement et de catégorisation, intactes. Nous partirons donc de ce constat pour définir de façon opérationnelle (c'est-à-dire utilisable en pratique clinique) ce qu'est une dyspraxie

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Les incapacités d'apprentissage non-verbal. J.M. Albaret

Récemment la possibilité d'une dissociation entre le QIP et le QIV, en défaveur des performances non-verbales, a été décrit en association à des troubles spécifiques des apprentissages, sans pour autant que ces enfants ne présentent toute la gravité de la symptomatologie des dyspraxies de développement. Ces dissociations évoquent ce que Rourke (10) décrivait sous le nom de « Non Verbal Learning Disabilities ». Ce profil cognitif est l'inverse de la dissociation habituellement observée dans les dysphasies (caractérisée par une discordance entre un Quotient Intellectuel Verbal (QIV) déficitaire contrastant avec un Quotient Intellectuel de Performance (QIP) normal). Les descriptions cliniques de ces troubles spécifiques des fonctions non-verbales n'ont pas encore été répertoriées clairement dans la littérature. Néanmoins, il est important de signaler ces troubles, souvent mal reconnus car leur expression clinique est souvent moins évidente qu'un retard de langage oral. Le comportement hyperverbal et les difficultés d'adaptation sociale sont interprétées comme des troubles de la personnalité et sont souvent génératrices de rejet de la part des intervenants. La gêne consécutive à ces troubles est souvent considérable et le diagnostic est important pour mieux comprendre l'enfant, orienter sa prise en charge et éviter un sentiment de dévalorisation.

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La rééducation

Les grands axes de la rééducation des dyspraxies.
M. Mazeau

Le diagnostic de dyspraxie a, en lui-même, une valeur thérapeutique (cf. l'article : Les dyspraxies). Cependant, la prescription de rééducations (ergothérapie, psychomotricité, …) s'impose. Par ailleurs, il faut informer l'enseignant, coordonner rééducations et apprentissages scolaires et, dans de nombreux cas, solliciter des aménagements pédagogiques. La coordination de ces prises en charge est difficilement envisageable en exercice libéral. Beaucoup de ces interventions réclament la participation des ergothérapeutes, professionnels dont les prestations ne peuvent être prises en charge que dans le cadre de structures de soins (SESSD ou SESSAD, services hospitaliers spécialisés en neurologie infantile ou en neuropsychologie infantile). Il existe cependant quelques ergothérapeutes exerçant en libéral.

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La rééducation graphique et praxique en ergothérapie. M.E. Barale, C. Galbiati

Les objectifs rééducatifs résultent de l'évaluation et de son analyse. Ils sont fixés en fonction du projet global interdisciplinaire de prise en charge. Ils doivent tenir compte des besoins effectifs et des ressources de l'enfant. Les objectifs à long terme sont décrits en terme d'action à mener, par exemple, favoriser l'amélioration des fonctions déficitaires, développer les capacités résiduelles et compenser les incapacités.

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La rééducation psychomotrice de la motricité manuelle, des praxies constructives et de la graphomotricité. R. Soppelsa, J.M. Albaret

La nécessité d'un travail spécifique lorsqu'il est question de motricité manuelle a été signalée à plusieurs reprises (2, 8, 16), tout comme pour la motricité globale (18), d'autant qu'une méta-analyse des programmes de rééducation généraux utilisés dans le domaine psycho-perceptivo-moteur montre clairement les limites et le peu de résultats des approches non spécifiques (14).

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Les troubles de la perception visuelle

Les bases neuropsychologiques de la perception visuelle. N. Montezer

Une bonne acuité visuelle, expression fonctionnelle d'une petite portion de la rétine, la fovéa, est-elle garante d'un bon fonctionnement visuel ? Est-elle suffisante pour assurer la perception de ce que nous voyons et son décodage ? L'exemple des enfants IMC anciens grands prématurés a montré que le fonctionnement visuel était complexe, qu'il existait fréquemment des dysfonctionnements visuels avec ou sans lésion objectivée. Ces troubles, facteurs de déviance dans les acquis visuels et les conduites attenantes, entravent le développement et compromettent de nombreux apprentissages tant moteurs que cognitifs, et en particulier scolaires [1]. Par extension, et au même titre que les troubles du langage, certains enfants sans lésion cérébrale peuvent présenter des difficultés neurovisuelles isolées, générant un apprentissage scolaire difficile, voire impossible, sans adaptation. Nous définirons donc ici le fonctionnement schématique de notre système visuel, la place de la perception visuelle, puis le rôle de l'orthoptiste face aux troubles neurovisuels.

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Le bilan en orthoptie et en ergothérapie des fonctions visuelles. N. Montezer, M.E. Barale, C. Galbiati

L'objectif de cette évaluation, devant un enfant ayant des difficultés avec les fonctions non-verbales, est d'explorer le fonctionnement depuis la vision (fonctionnement sensoriel de l'œil) jusqu'à la perception visuelle et visuo-spatiale. Elle permettra de mieux analyser le trouble et de définir les axes de rééducation et d'adaptation. Elle nécessite souvent les compétences d'une orthoptiste et d'une ergothérapeute. Cette évaluation n'a de sens que comparée aux compétences globales de l'enfant définies par l'évaluation psychométrique et neuropsychologique.

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L'expression des troubles neurovisuels. N. Montezer

Les pathologies neurovisuelles précoces induisent des déviances dans le développement neuropsychologique et les acquisitions de l'enfant. L'école est en particulier un révélateur brutal de ces conduites pathologiques car l'apprentissage standard ne peut convenir à la population qui nous intéresse. L'étude de la population à risque constituée par les anciens grands prématurés, nous a permis de pointer l'expression de ces anomalies. Elles sont polymorphes, chaque enfant présentant un camaïeu unique de troubles face auxquels il réagit et s'adapte d'une manière propre. La population concernée par les difficultés neurovisuelles est maintenant élargie aux enfants ayant présenté, en période périnatale, une souffrance pouvant mettre en danger l'intégrité cérébrale, telle que l'anoxie, les convulsions, l'état de mal, etc. Les enfants sans antécédent particulier, mais rencontrant des difficultés d'apprentissage scolaire, sont aussi concernés. Outre les observations de plus en plus nombreuses et fines de l'existence de ces dysfonctionnements, l'hypothèse que les troubles neurovisuels soient fréquents est recevable pour plusieurs raisons : - Le système visuel est encore très immature chez le nouveau-né. Il demande une maturation neurologique associée à une expérience visuelle pour se développer harmonieusement. Il n'est mature dans toutes ses composantes qu'à l'adolescence ; - le système visuel est constitué, dans sa partie occipitale au moins, d'aires de derniers prés (un seul système de vascularisation) ce qui le rend fragile face à des accidents ou défauts d'irrigation, aussi minimes soient-ils ; - le système visuel diffuse tout le cortex et il est rare de trouver des lésions neurologiques sans retentissement sur les capacités visuelles (attention, motricité, efficacité, perception, mémoire, sélectivité, spatialisation, etc.). Par extension, nous imaginons qu'il en va de même pour les « minimal brain diseases ». La question est donc de savoir comment l'on peut détecter des anomalies dans le développement de la fonction visuelle, et que peut-on mettre en œuvre pour les minimiser ?

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Les agnosies visuelles. M. Mazeau

Les agnosies visuelles sont des pathologies cérébrales (et non ophtalmologiques). Si l'on prend la métaphore de l'appareil photographique pour l'œil, la rétine peut alors être comparée à la pellicule photo et les aires cérébrales visuelles au laboratoire de développement des photos : une agnosie visuelle est une anomalie du « développement » des images rétiniennes. Les enfants voient (les informations arrivent bien au système œil/rétine/nerf optique), mais ne savent pas ce qu'ils voient (les informations ne sont pas correctement décodées par les aires cérébrales spécialisées). Ce sont des troubles rares mais, s'ils ne sont pas identifiés comme tels, les répercussions sont sévères : troubles du comportement, déficit attentionnel, échec scolaire massif. Il faut donc y penser devant l'échec à certains subtests de tests psychométriques et orthophoniques, ou dans certaines étiologies (prématurité, syndrome de West,...).

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