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Livret 6 : Attention mémoire Les bases neuropsychologiques et biologiques de l'attention, son développement et son évaluation Les troubles déficitaires de l'attention Le développement et l'évaluation de la mémoire
Avant toutes choses... Comprendre les termes utilisés Vigilance, attention soutenue, attention
sélective, impulsivité… autant de termes utilisés
mais pas toujours exactement dans le même sens. Bref, l'attention est la « machine » qui prend l'information, décide ensuite de la garder ou non et, si oui, de la « hausser » vers les fonctions supérieures qui vont permettre de la traiter (en particulier vers les fonctions exécutives). On peut différencier l'attention dans une modalité visuelle et l'attention dans une modalité verbale. D'où la complexité de
la définition exacte de vigilance, attention soutenue (pas
seulement maintien de l'attention dans le temps, mais plutôt
« rehaussement » de l'attention sur une certaine période),
attention sélective. Il convient surtout de réfléchir
à ce qui est exploré dans les différents tests.
L'attention comprend plusieurs systèmes
sous tendus par différents réseaux neuronaux chargés
d'optimiser l'efficience cognitive (O. Godefroy, p.17). Le modèle
de Posner, le plus connu, décrit trois systèmes : La vigilance ou reflet de l'activation
cérébrale se distingue de l'attention soutenue ou capacité
à maintenir son attention dans le temps. Autant de fonctions attentionnelles différentes, explorées par des tests différents, sous tendues par des réseaux différents. L'ensemble définissant l'attention, celle-ci servant à optimiser notre fonctionnement cognitif.
L'attention dépend bien sûr
de notre « motivation » attentionnelle, donc de notre
vie psychique. Mais l'attention est aussi un ensemble de fonctions
cognitives à part entière sous tendues par un réseau
neuronal. Les zones cérébrales impliquées dans
les fonctions attentionnelles ont été décrites
grâce aux pathologies adultes mais aussi à l'IRM fonctionnelle
chez l'adulte et l'enfant (P. Berquin, p. 20). Le développement de l'attention dépend de la maturation du couplage fonctionnel entre les régions cérébrales antérieures et postérieures. L'hyperactivité serait liée à un dysfonctionnement striato-préfrontal avec une diminution d'activité des régions préfrontales restaurée après administration de méthylphénidate... Un déficit en dopamine dans les régions préfrontales pourrait rendre compte des THADA et de l'amélioration de leurs symptômes sous méthylphénidate. Quant au cervelet, il serait plutôt un « coprocesseur » augmentant la rapidité et l'efficacité du traitement du signal, que réellement le siège d'une fonction cognitive. L'attention, ou plutôt les attentions
se subdivisent essentiellement en deux groupes :
L'attention soutenue comporte : Les tests de barrages électifs, comme Le barrage de Zazzo, ou de Corkum (plus adapté aux jeunes enfants), consistent en une tâche du barrage électif d'une seule cible parmi un environnement de multiples éléments, comme la première partie du Continuous Performance Test. Plus l'enfant grandit, plus ses performances s'améliorent, mais dès le plus jeune âge, il est capable d'attention, comme en témoigne l'attention des bébés à la parole et au visage de leur mère. L'attention sélective sert à rehausser la cible et à inhiber les autres éléments distracteurs. Dès la première année, le bébé inhibe l'attraction d'une image de balle enfermée dans une boîte transparente pour faire un détour vers l'ouverture située sur le côté latéral de la boîte et, dès la fin de la première année, il ne fait plus l'erreur A - non B. L'évolution de ces capacités d'attention sélective dans l'enfance a été étudiée par plusieurs tests. Une épreuve de tapping (contrôle et conflit) comme dans la batterie BREV, ou une tâche verbale comme l'épreuve Nuit - jour montre que, dès l'âge préscolaire, les enfants sont capables d'inhiber les réponses automatiques et de réaliser correctement les épreuves conflit. Le Test de Stroop, dont J.M. Albaret a fait une adaptation pour les enfants, montre également que les enfants de huit ans sont capables d'attention sélective comme les adolescents.
Cette évaluation cherche aussi à différencier l'attention sélective et l'attention soutenue (J.M. Albaret, p. 31). Comme pour toutes les évaluations
d'une fonction cognitive, l'interprétation des résultats
n'est possible qu'après avoir contrôlé la qualité
de la vision, de l'audition, des compétences intellectuelles
globales et des capacités relationnelles. Le Test de Stroop
(dans ses deux formes adaptées à l'enfant, le Test mot
- couleur que J.M. Albaret a étalonné de huit à
quinze ans et le Test Jour-nuit de trois ans et six mois à
sept ans) permet d'apprécier les capacités d'inhibition
des réponses automatiques dans une modalité verbale. Pour aider à l'individualisation de l'impulsivité à l'intérieur des difficultés attentionnelles, le Test d'appariement d'images permet de calculer en fonction des différentes mesures, un score d'impulsivité (rapport du nombre d'erreurs commises sur le temps total).
Sans être encore vraiment rentrée
dans la pratique courante, l'évaluation de l'attention se prête
particulièrement aux tests informatisés (A. Kervarrec,
p. 34). De nombreux travaux, pas toujours cohérents, ont décrit les symptômes neuropsychologiques observés chez les THADA (J.M. Albaret, p.37), ceux qui allaient en partie expliquer les troubles des apprentissages décrits chez ces enfants THADA que M. Touzin (p.55) décrit dans son article. On peut retenir que : L'existence d'un déficit des fonctions exécutives a aussi été rapportée chez les enfants THADA et traduirait grossièrement le déficit de fonctionnement des lobes frontaux. Qu'on utilise le Labyrinthe de Portéus, les tests Go-No go, le Wisconsin, la Tour de Londres ou la Tour de Hanoï, le Trail Making Test, la plupart des études fait état de moins bonnes performances chez les enfants THADA versus les enfants contrôles. Le déficit du contrôle moteur des enfants THADA est un des plus clairs en clinique où on retrouve souvent les troubles du graphisme... et leur amélioration sous méthylphénidate. L'attention est une fonction qu'on peut considérer comme basique avant que l'information puisse être traitée par l'administrateur central et les systèmes esclaves de la mémoire de travail. Tous ces éléments sont à évaluer chez un enfant THADA. Il restera ensuite à évaluer l'évolution de ces différentes fonctions sous l'effet des différentes prises en charge.
Le THADA : Trouble déficitaire de l'attention, avec (TDA/H+) ou sans (TDA/H-) hyperactivité, divise les professionnels (L. Vallée, p. 41). Aux Etats-Unis ou au Canada, on considère que 6 à 8 % des enfants, surtout des garçons, sont atteints de ces troubles et la réponse proposée consiste essentiellement en une thérapeutique médicamenteuse (au premier rang, les amphétaminiques) et une prise en charge comportementaliste. En France, ce type de médicaments est volontiers disqualifié et les prises en charge proposées sont la psychothérapie, souvent d'obédience psychanalytique. Une solution raisonnable à ces
polémiques consisterait à : La démarche clinique devant
une plainte concernant une agitation et/ou une inattention comporte
plusieurs étapes (L. Vallée, p. 43) : Les cas cliniques de THADA décrits
par L. Vallée et F. Pandit (p. 52) illustrent la diversité
des enfants porteurs du symptôme, nécessitant de les
évaluer avec deux regards :
La prise en charge des enfants THADA
ne peut se réduire à une démarche conceptuelle
dichotomique du syndrome : origine neurologique versus psychogénique.
Le traitement ne peut pas non plus se réduire à la prescription
d'un psychostimulant. Le déficit d'attention est rarement isolé,
il retentit souvent sur la vie familiale, scolaire, il est souvent
associé à des troubles des apprentissages ou d'autres
symptômes comportementaux comme l'opposition. Il s'agira donc
de définir la meilleure stratégie thérapeutique
pour l'enfant dans son environnement, non pas à partir de tel
ou tel a priori, mais à partir d'une analyse précise
des difficultés. Rien ne doit être omis dans les possibilités
thérapeutiques et le choix se fera avec l'avis des parents
et de professionnels issus de plusieurs disciplines. C'est pourquoi
l'ensemble des articles doit être lu pour pouvoir informer au
mieux la famille sur les choix thérapeutiques : médicaments,
rééducations, thérapies. Une information aux
parents et aux enseignants est toujours un temps essentiel. Les médicaments
utiles dans le THADA sont décrits en référence
à la littérature qui est très volumineuse et
donne des résultats cohérents sur les effets positifs
des psychostimulants sur les symptômes chez le plus grand nombre
d'enfants.
Qui imaginerait qu'on puisse se passer
de l'évaluation et des soins d'une équipe pédopsychiatrique
dans la prise en charge d'un enfant THADA ? Il reste donc, comme le décrit
O. Revol (p. 69), à être précis et rigoureux dans
:
Parce qu'elle a été orthophoniste
dans un service de pédopsychiatrie, M. Touzin (p. 74) a travaillé
entre autres sur deux aspects concernant l'aide aux enfants THADA
: Imaginez-vous : vous faites les courses
avec un enfant hyperactif... Il court partout, emmène votre
caddie à des lieux de là où vous choisissez la
viande de la semaine, il excite tellement sa petite soeur qu'elle
hurle dans le magasin, tout le monde vous regarde alors que vous avez
horreur de cela. Vous vous énervez, criez après lui
en le traitant de foncièrement méchant ce qui ne fait
que l'angoisser et accentuer ses bêtises. Autant dire que vous
vous sentez mauvais parent là où vous vous souhaiteriez
être parent parfait. Imaginez-vous dans une classe avec vingt-huit élèves, l'enfant hyperactif n'arrête pas de bouger, il fait le pitre sans vraiment s'en rendre compte, il n'a jamais pris les consignes à temps, et même s'il paraît « futé », vous vous désespérez. Pas loin vous aussi, comme ses parents, de vous sentir « mauvais », là où vous vous pensiez bon enseignant. Là aussi, toutes vos remarques d'exaspération ne font que l'angoisser et accentuer son agitation... Alors, certaines attitudes très simples : le mettre au premier rang « coïncé » entre votre bureau et le radiateur, le féliciter quand il a fait un exercice, passer sur son écriture irrégulière... autant de réactions qui amélioreront la situation. Les troubles des apprentissages sont
très fréquents chez les enfants THADA (ou les enfants
avec troubles des apprentissages ont souvent une hyperactivité).
Co-morbidité parfois ou conséquences, dans un sens ou
dans l'autre, peu importe. La mémoire est, dans les modèles actuels, subdivisée en deux systèmes : la mémoire de travail ou mémoire à court terme, système où les informations sont stockées et traitées transitoirement, et la mémoire à long terme contenant le souvenir des expériences vécues dans le passé.
La mémoire à court terme
est l'espace de stockage transitoire : elle est très liée
aux apprentissages (P. Gillet, p. 77). Elle peut être mesurée
par l'effet de récence (meilleur rappel des derniers mots d'une
liste), l'empan de chiffres, de mots, de non-mots, ou l'empan visuo-spatial. Le modèle de la mémoire
de travail comporte : Le déficit de la boucle phonologique
: cause ou conséquence ? La question est un sujet de recherche
actuel. Les liens entre un déficit de la boucle phonologique
et l'apprentissage du vocabulaire et la compréhension sont
bien connus. Le déficit de cette boucle dans la dysphasie ou
la dyslexie est également bien connu. Ce déficit peut-il
expliquer la réduction du vocabulaire des enfants dysphasiques
ou le déficit de compréhension des phrases longues ?
Chez l'enfant dyslexique, ce déficit peut-il expliquer la difficulté
fréquente à retenir des mots nouveaux ou comprendre
des phrases vues et entendues ou de retenir les tables de multiplication
? Les différents systèmes
de mémoire à long terme La mémoire peut être séparée
en : La mémoire peut être aussi
séparée en : Les déficits observés en pathologie lésionnelle de l'adulte montrent bien la possibilité d'une atteinte dissociée de la mémoire (par exemple, atteinte de la mémoire déclarative-épisodique et conservation de la mémoire sémantique).
« Amnésie infantile »
disait Freud sur l'impossibilité de l'adulte à rapporter
des souvenirs autobiographiques antérieurs à l'âge
de trois, quatre ans et qu'il rapportait à des causes psychologiques.
« Stade de développement » décrivait Piaget
qui rapportait l'évolution de la mémoire de l'enfant
aux stades successifs de l'évolution psychique de l'enfant
(pré-opératoire, puis opérations concrètes,
puis opérations formelles), « développement des
fonctions cognitives » disent les psychologues du développement
qui décrivent une efficacité précoce de la mémoire
procédurale (implicite, présente à un stade pré-linguistique)
et, plus tardive, de la mémoire déclarative (explicite,
permettant d'exprimer de façon narrative les souvenirs mais
aussi de mémoriser très tôt des informations visuelles).
On l'a compris en lisant l'article
(I. Jambaqué, p. 87) sur les différents systèmes
de mémoire, les évaluations de la mémoire chez
l'enfant (I. Jambaqué, p. 93) sont très souvent insuffisantes.
La mémoire ne peut être examinée si l'on n'a pas
vérifié au préalable la qualité de l'attention
et de l'efficience intellectuelle. Ceci est vrai pour la mémoire
comme pour tous les examens d'une fonction cognitive particulière.
De même, la mémoire verbale doit être appréciée
en comparaison à la qualité du langage, la mémoire
visuo-spatiale en fonction de la qualité des fonctions visuo-praxiques. Retenons que l'évaluation de la mémoire n'est guère réalisable avant cinq ans, voire même six, sept ans, pour les situations de remémoration comme le rappel et non la reconnaissance. Le rappel de la copie de la Figure
de Rey et des quinze mots de Rey sont des épreuves traditionnelles
étalonnées chez l'enfant. Les tests très utilisés
chez l'adulte comme le test de Buschke ne sont, en revanche, pas encore
étalonnés chez l'enfant. La plupart des batteries composites
d'intelligence comporte une épreuve de répétition
de chiffres et certaines, comme le Mc Carthy, comportent quelques
épreuves mnésiques (L'histoire de Jacques). Enfin la nouvelle batterie d'évaluation neuropsychologique, la Nepsy, récemment étalonnée, comporte quatre épreuves d'apprentissage et de mémoire (cf. l'article qui lui est consacré dans le livret Les professionnels et les outils). Mais, en plus de toutes ces situations
de tests, les spécialistes s'intéressent également
chez l'enfant à une évaluation de la mémoire
plus « écologique » : en situation de vie quotidienne
comme le Rivermead de B. Wilson, courte et attractive.
Une fois comprise la diversité des fonctions mnésiques (mémoire à court terme et à long terme, différents systèmes de mémoire à long terme), il est facile de voir que l'on ne peut pas aborder la rééducation sans différencier les fonctions mnésiques (I. Jambaqué, p. 97). Chez l'enfant, les troubles mnésiques
peuvent se voir, comme chez l'adulte, dans le contexte d'une lésion,
qu'il s'agisse d'un traumatisme crânien ou d'une épilepsie
temporale ou d'une tumeur diencéphalique... C'est dans ces
cas que l'évaluation précise des fonctions mnésiques
altérées et de celles préservées servira
de base indispensable à un projet rééducatif
(comme un déficit mnésique partiel, soit verbal soit
visuel, dans une épilepsie temporale, soit gauche soit droite). Cette évaluation prend toute son importance pour l'avenir car, chez l'adulte, on considère maintenant (contrairement à ce qu'on pensait) qu'il est possible de rééduquer la mémoire en facilitant l'encodage ou la récupération de l'information, en utilisant des techniques d'apprentissages exploitant les fonctions mnésiques intactes, en aménageant l'environnement avec des aides externes (comme un carnet). Chez l'enfant, tout ou presque tout, reste à faire en matière de technique de rééducation et de l'évaluation de ses effets. Les grands principes d'entraînement possible de la mémoire de travail, de l'élaboration de stratégies de mémorisation et de facilitation du fonctionnement mnésique sont décrits par I. Jambaqué (p. 97). La description plus précise des différents exercices, de leur indication (sur quels déficits ?) et de leur évaluation (quels bénéfices ?) reste un grand champ d'études.
Les bases neuropsychologiques et biologiques de l'attention, son développement et son évaluation
En neuropsychologie, l'attention désigne différents phénomènes régulateurs permettant d'optimiser l'efficience (la rapidité et/ou la précision) cognitive. Chez le sujet sain, la psychologie expérimentale a isolé différents phénomènes attentionnels comme le maintien de l'attention, l'alerte, la focalisation, la préparation sélective et la division de l'attention. La pathologie cérébrale, notamment des lobes frontaux et pariétaux, peut générer des troubles, comme la distractibilité ou l'héminégligence, attribuées à des déficits attentionnels.
L'attention comme la mémoire sont des fonctions fortement impliquées dans les processus d'apprentissage et le traitement de l'information. Des déficits attentionnels sont fréquemment évoqués chez des enfants présentant des difficultés d'apprentissage quelle que soit leur origine. La neurobiologie de l'attention est cependant l'un des problèmes les plus complexes dans le domaine des neurosciences cognitives, en effet l'attention n'est pas une fonction cognitive unique mais plutôt un ensemble de fonctions.
L'attention est un facteur d'adaptation sociale. Elle sous-tend la régulation du comportement humain. L'enfant, tout comme l'adulte, doit faire attention « aux chiens méchants », aux voitures en traversant la rue. Il doit aussi faire attention à ce qu'il fait, ce qu'il entend et ce qu'il voit. L'attention intervient pour l'acquisition de nouvelles activités humaines complexes jusqu'à ce qu'elles deviennent automatiques, fonctionnant indépendamment de notre volonté. La marche est une activité psycho-motrice éminemment complexe qui s'acquiert progressivement pendant la petite enfance et sollicite l'attention du marcheur débutant. L'air sérieux du jeune enfant atteste de la concentration qu'il porte à coordonner ses mouvements et rechercher son équilibre. Sitôt la marche acquise, on remarque facilement que l'enfant ne prête plus guère d'attention à ses mouvements. Il peut parler ou bien chanter lors de ses déplacements. Le langage est un autre exemple de faculté qui s'acquiert pendant l'enfance et sollicite l'attention. Le jeune enfant doit faire attention aux mots émis par l'adulte, à son visage pour en imiter les mouvements bucco-linguo-faciaux. Il doit aussi faire attention à la qualité articulatoire de ses propres productions orales. Ces quelques exemples montrent le lien étroit entre l'attention et le développement cognitif. L'attention se développe et évolue pendant l'enfance. Pour aborder cette évolution il est utile de considérer plusieurs niveaux attentionnels distincts et interdépendants (18). On s'intéressera tout particulièrement à distinguer l'attention soutenue de l'attention sélective. Cette distinction est la plus utilisée pour guider l'évaluation des troubles de l'attention chez les enfants (cf. l'article Sémiologie neuropsychologique des troubles déficitaires de l'attention).
La multiplicité des processus attentionnels et la diversité de leurs appellations rend la tâche difficile. D'autant que certains outils sont, selon les auteurs, qualifiés de test d'attention ou de test de la mémoire à court terme, comme, par exemple, l'épreuve de mémoire des chiffres du WISC-III [8]. L'évaluation des processus attentionnels est centrée, ici, sur l'attention sélective et sur l'attention soutenue. L'interprétation des performances à ces tests ne peut être faite de façon isolée et nécessite des informations ou des examens complémentaires portant sur l'intégrité des fonctions sensorielles (audition, vision) et intellectuelles ainsi que sur la motivation du sujet. A côté de ces épreuves servant au diagnostic des déficits attentionnels, des mesures des processus attentionnels se retrouvent également dans les échelles de dépistage comme la BREV.
Il existe de multiples mécanismes d'attention. Cette multiplicité implique dans la démarche d'évaluation du clinicien de compléter ses outils « papier-crayon » d'outils informatisés. Ceci afin d'enrichir ses observations et mieux orienter le projet de l'enfant. Les troubles déficitaires de l'attention
Des anomalies neuropsychologiques sont retrouvées chez les enfants porteurs d'un TDAH, mais ce ne sont pas toujours aux mêmes tests que les résultats sont déficitaires. Cela varie selon les populations, selon la présence de co-morbidités et selon la prise en compte de la présence (TDA/H+) ou de l'absence de la composante hyperactivité/impulsivité (TDA/H-). L'utilisation d'un ensemble de tests est donc recommandée pour établir le diagnostic (4, 16). Il faut aussi tenir compte du fait que l'approche neuropsychologique développementale n'en est qu'à ses débuts et ne permet pas encore une vue d'ensemble de la question (10, 18, 21, 44).
Depuis de nombreuses années, le concept d'hyperactivité avec déficit de l'attention chez l'enfant est au centre d'une polémique. Deux approches continuent de s'affronter, sans voir leurs intrications possibles. D'une part, les défenseurs d'une théorie psychogénique, pour lesquels seuls sont à prendre en compte les mécanismes psychopathologiques. Ils défendent l'idée que le déficit de l'attention et l'hyperkinésie sont liés à des difficultés psychiques difficiles à mentaliser. D'autre part, les tenants d'une base neurologique qui défendent l'idée selon laquelle les symptômes observés chez ces enfants sont à rattacher à des mécanismes neurobiologiques. Les études en imagerie fonctionnelle apportent des éléments expérimentaux en faveur des bases neurobiologiques. Les discussions et le nombre de publications se sont amplifiées depuis que le méthylphénidate (Ritaline ®) a été proposé comme moyen thérapeutique. Les recherches en génétique apportent de de nouveaux éléments au débat.
La description d'enfants ayant des difficultés d'attention, présentant un comportement hyperkinétique, remonte à plus d'un siècle. Dans la littérature française, Bourneville, en 1897, a été le premier à décrire l'instabilité chez l'enfant. Il considérait à l'époque qu'il s'agissait d'une des principales manifestations de la déficience intellectuelle. S'est développé ensuite le concept d'instabilité constitutionnelle observée chez les enfants ayant des déficits dans les apprentissages scolaires sans aucune déficience associée. Par la suite, tout au long du XXème siècle, vont s'affronter les deux approches : est-ce que l'état de l'enfant remuant, instable, qui ne se concentre pas est en rapport avec une ou plusieurs lésions ou dysfonctions cérébrales, ou cet état est-il uniquement secondaire à un défaut d'adaptation de l'enfant à son environnement et n'a pas de base neurosomatique ?
Les troubles de l'attention sont un symptôme. Leur signification, et donc le projet thérapeutique, dépend de l'analyse clinique des troubles et de leurs origines. Les deux cas cliniques présentés ici décrivent, à partir de la même plainte, deux troubles et deux propositions thérapeutiques différents.
L'hyperactivité avec déficit de l'attention est diagnostiquée chez un groupe hétérogène d'enfants qui diffèrent par leur co-morbidité psychiatrique, leur fonctionnement cognitif et scolaire et leur devenir à long terme. Le débat reste ouvert pour savoir si l'échec scolaire est une conséquence du déficit de l'attention, de l'agitation motrice et/ou de l'impulsivité des enfants hyperactifs, ou s'il est lié à un trouble spécifique des apprentissages ou à un trouble psychopathologique co-morbides. Le développement du langage oral et écrit des enfants hyperactifs est important à considérer. Il paraît nécessaire de réaliser une évaluation spécifique du langage chez les enfants hyperactifs, d'une part parce que certains auteurs pensent que le langage distingue, de façon significative, les hyperactifs qui réussissent de ceux qui échouent (31) et, d'autre part, parce que certains troubles du langage chez ces enfants peuvent passer inaperçus, en étant masqué par les problèmes comportementaux (6).
Le traitement du déficit d'attention avec hyperkinésie nécessite une analyse rigoureuse de la sémiologie, des éventuels facteurs et circonstances déclenchantes de l'hyperkinésie, des circonstances d'expression du déficit d'attention. Il est nécessaire de toujours replacer ce syndrome dans son cadre familial et social. Ceci impose une consultation longue. Il faut garder à l'esprit que si les facteurs psychogéniques sont, suivant les études, présents dans 75 à 80 % des cas, ils n'éliminent pas le caractère neurobiologique du déficit d'attention et/ou de l'hyperkinésie. Il ne faut pas d'emblée rapporter ces symptômes à des facteurs psychogènes, alors que dans plus de 75 % des cas les deux composantes psychogène et neurobiologique, ou constitutionnelle (ou ontogénique) sont associées. Ceci explique qu'on pourra recourir temporairement, même dans ces situations complexes, à l'utilisation d'une médication, qui permettra à l'enfant et à sa famille de sortir de la situation d'échec scolaire et /ou de rejet à l'intégration sociale.
La rééducation psychomotrice, centrée sur l'activité du sujet, doit être adaptée à la nature du symptôme et tenir compte des caractéristiques individuelles. L'approche est de type cognitivo-comportementale. Il est de règle de considérer que les thérapies des troubles psychomoteurs sont multimodales, par association de plusieurs modalités de traitement qui sont intégrées progressivement, en tenant compte de l'intensité et du caractère perturbateur des manifestations [6, 8, 23, 27]. Le scénario idéal consisterait à démarrer par une prise en charge psychomotrice, associée à une guidance parentale et, si besoin est, à une prise en charge des troubles affectifs et émotionnels associés. En cas d'absence d'amélioration, dans les six mois, un traitement médicamenteux doit être adjoint, d'autant que les effets bénéfiques en sont maintenant largement documentés [29].
Le THADA touche l'enfant dans sa vie scolaire, mais aussi dans sa vie affective, sociale et familiale ; une prise en charge globale est indispensable. Certains comportements hyperactifs n'entrent pas dans le diagnostic de THADA ; ils sont le plus souvent la conséquence de troubles psychologiques (dépression de l'enfant, dysharmonie d'évolution), qui doivent être pris en charge de façon spécifique. La mise en route d'un traitement psychostimulant ne doit être envisagée qu'après une procédure décisionnelle rigoureuse. Le traitement médicamenteux n'est qu'un des maillons de l'assistance proposée à l'enfant instable ; l'accompagnement psychoéducatif et pédagogique représente un autre point fort du soin.
Les prises en charge de l'enfant hyperactif incluent souvent une guidance parentale, un accompagnement et un soutien des parents pour les aider à faire face à une situation qu'ils jugent incontrôlable. Il est important d'informer les parents et de les impliquer dans le traitement de leur enfant pour qu'ils se sentent plus aptes à gérer son comportement et puissent être soutenus dans l'apprentissage et l'utilisation de techniques nouvelles.
La Mémoire de Travail (MdT) définit un système mental dans lequel sont momentanément conservées et traitées les informations nécessaires à la réalisation d'une activité cognitive complexe, comme le raisonnement, la compréhension d'énoncés lus ou entendus, et aussi les apprentissages. En s'appuyant sur les données recueillies chez les adultes cérébrolésés, Baddeley ( 5) propose un modèle tripartite de la MdT dans lequel chaque module mnésique a sa propre spécificité fonctionnelle.
La mémoire est une fonction essentielle à l'identité de l'homme car elle s'avère nécessaire dans sa vie cognitive, affective et sociale. Elle est, en effet, impliquée dans des activités aussi variées que la reconnaissance d'un visage, le souvenir de scènes de vacances, la mémorisation d'une leçon ou le rappel d'un nom propre. La psychologie cognitive suggère que la mémoire à long terme est une construction complexe composée de plusieurs systèmes. Le développement et l'évaluation de la mémoire
La mémoire se développe chez l'enfant et semble comporter des modifications spécifiques à certaines périodes de l'enfance. Quelles en sont les étapes importantes ? Est-il possible d'envisager le développement de la mémoire comme entité indépendante de l'intelligence ? Existe-t-il chez l'enfant différents systèmes de mémoire ? Il nous semble important de se référer à l'ontogénèse de la mémoire et à l'élaboration du comportement amnésique chez l'enfant.
La mémoire est une fonction très impliquée dans les processus d'apprentissage. Pourtant, si la passation d'un test de niveau reste la règle dans le bilan d'un échec scolaire, l'évaluation de la mémoire est loin d'être systématique et se résume le plus souvent à la mesure de l'empan mnésique. Il paraît pourtant souhaitable d'étudier les capacités de mémorisation et de rappel de nouvelles informations chez les enfants ayant des difficultés d'apprentissage. Après un bref rappel des principes de base concernant l'examen de la mémoire, nous présenterons les principaux tests utilisés pour l'évaluation de l'efficience mnésique chez l'enfant.
Chez l'adulte, la prise en charge des troubles de mémoire connaît un essor considérable. Les enfants peuvent également présenter une pathologie mnésique de façon relativement spécifique. La reconnaissance de l'existence de troubles de mémoire est importante sur le plan pratique. En effet, elle peut permettre d'envisager une approche rééducative en aidant l'enfant à développer ses stratégies de mémorisation et à utiliser ses capacités mnésiques préservées. |
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