L'évaluation des compétences concernant le nombre et le calcul

Les dyscalculies chez l'enfant et les principes de leur remédiation

Introduction

Les bases neuropsychologiques et le
développement normal du nombre et du calcul

Disponibilité psychique, capacités de raisonnement, talents génétiques, qualité des pédagogues ; les coupables présumés des difficultés en calcul sont nombreux.
Il a fallu attendre la description des déficits dissociés des adultes cérébrolésés pour construire un modèle neuropsychologique. Par les études anatomo-cliniques puis, par l'imagerie fonctionnelle, on a pu en préciser les relations avec les aires cérébrales. Tout ceci a permis de concevoir différemment le calcul et surtout de développer la notion que, à la base du calcul, il y a le nombre.

Le modèle, ou plutôt les modèles neurophysiologiques, sont repris par C. Lemer (p.11) ainsi que les localisations cérébrales sous tendant les fonctions cognitives à la bases du calcul (C. Lemer, p.17).
Clairement, ces modèles ont des points communs : à la base des compétences en calcul, il y a le nombre et le nombre a plusieurs représentations distinctes qui expliquent les déficits dissociés :
- Une représentation verbale (le nom des nombres : « 11 », « 12 » et non « dix-un » et « dix-deux »). Cette représentation peut être sous la modalité orale ou écrite. La représentation orale est incontournable. Dans notre système, elle est fondée sur un lexique jusqu'à 16, puis sur les règles de combinaisons syntaxiques de notre système décimal : le nom du nombre après 22 est 23... La représentation écrite n'est qu'une traduction de la représentation verbale en langage écrit... avec ses règles orthographiques (« quatre cents » et « quatre cent un »).
- Une représentation arabe qui comporte une règle syntaxique ou sémantique : un nombre à quatre chiffres (1367) comporte de gauche à droite le chiffre représentant les milliers, puis les centaines, puis les dizaines et enfin les unités.
- Une représentation analogique ou de magnitude qui permet de concevoir qu'un nombre à quatre chiffres... sera plus grand qu'un nombre à trois chiffres, etc.

Le transcodage d'une représentation à l'autre est essentiel pour passer du nombre indiqué, sur l'étiquette d'une robe ou annoncé par la vendeuse, à la somme qu'il représente et donc pour savoir si on peut se l'offrir ou non !

Rajoutons la connaissance de la comptine orale et de ses règles, l'apprentissage des tables, la compréhension et la représentation d'un énoncé de problèmes et les bases sur lesquelles les opérations arithmétiques du calcul sont plus claires.

Les bases neuropsychologiques mettent en jeu chez l'adulte, mais aussi déjà chez le bébé, des réseaux neuronaux aussi fondamentaux que pour le langage écrit ou l'attention.
C. Lemer (pp.11, 17) nous expose ces deux sujets très importants à comprendre.

L'acquisition de l'arithmétique

Les capacités d'arithmétique de l'enfant s'apprennent même si on met en évidence des compétences insoupçonnées du bébé pour évaluer de petites quantités. On apprend à nos enfants à « compter les bonbons » et les maîtresses leur apprennent les bases de notre système décimal et les opérations pour leur permettre ensuite de résoudre les problèmes.

Il est donc essentiel de situer les performances en calcul d'un enfant par rapport à celles de ses pairs de même âge et dans le même environnement scolaire.

M. Fayol, universitaire et chercheur, spécialiste de ce domaine, décrit l'acquisition « normale » du calcul chez l'enfant en séparant quatre grands thèmes (M. Fayol, p. 22).

- L'évolution des procédures de quantification qui permet de préciser le nombre d'éléments d'une collection. Quantification initialement approximative qui permet par exemple d'évaluer comparativement deux quantités rapidement et sans les compter précisément puis, quantification précise qui permet d'associer à une collection une seule « cardinalité » (quand je compte jusqu'à cinq, cinq représente la quantité de la collection), qui nécessite des capacités de dénombrement, une connaissance de la suite verbale des nombres...
- L'apprentissage de la numération écrite. Elle dépend elle aussi étroitement de l'apprentissage puisqu'il faut concevoir l'importance de la position d'un chiffre dans un nombre : le chiffre 1 signifie une seule unité, mais s'il est suivi d'un zéro : 10, le chiffre 1 signifiera une dizaine... On sait que beaucoup d'enfants au début de leur apprentissage, quand on leur dicte « soixante-dix-huit » écrivent en code arabe « 6018 ».
- L'apprentissage des opérations arithmétiques et l'évolution de l'enfant passe d'un comptage sur ses doigts (peu performant quand il s'agit de nombre au-delà de dix) à des procédures plus efficaces qui consistent à récupérer en mémoire des faits arithmétiques. Ce que l'on appelle les tables, cauchemar de beaucoup d'enfants, de parents et... d'adultes.
- Enfin, la résolution de problèmes qui est la principale justification du recours aux opérations arithmétiques. La compréhension du sens d'un énoncé, le rôle de sa formulation, autant de points dont le développement est aujourd'hui bien connu chez l'enfant « normal ».

L'historique du calcul

Pour mieux comprendre les divergences sur le calcul et ses troubles, il est intéressant de se plonger dans l'histoire...
L'article de Claire Meljac (p. 28) retrace l'histoire du calcul telle que l'ont vécue les professionnels de l'enseignement et de la santé.
Piaget est évidemment incontournable dans la compréhension que l'on peut avoir des fondements du développement cognitif et de certains processus en jeu dans la logique et le raisonnement : comprendre que si l'on ne retire ni n'ajoute rien à une collection (la fameuse « conservation »), celle-ci est « pareille » même si son allure « perceptive » n'est plus la même parce qu'on a resserré ou écarté les éléments de la collection, donc que la quantité « paraît » moins grande. Comprendre « l'inclusion », c'est-à-dire que s'il y a tant de pommes et tant de fruits (pommes et bananes) il y a et il y aura, même si on rajoute des pommes, toujours plus de fruits que de pommes. C'est une notion fondamentale pour comprendre la soustraction.

Mais la neuropsychologie est née. Elle a d'abord été un moyen de comprendre les déficits dissociés des adultes cérébrolésés qui perdaient certaines notions précises de calcul alors qu'ils gardaient intactes d'autres notions. Elle a fourni un regard indispensable pour comprendre comment le calcul se construit et pourquoi certains enfants sont en difficulté.
On ne peut plus faire aujour'hui comme si les modèles neuropsychologiques du calcul n'existaient pas.

Les différents outils d'évaluation

Situer les performances en calcul d'un enfant, par rapport à celles de ses pairs de même âge et dans le même environnement scolaire, veut dire disposer de suffisamment d'outils étalonnés et validés pour amener à une évaluation précise et non à une simple impression.

Il est possible, à partir des évaluations pédagogiques et de quelques subtests des batteries composites d'intelligence, de se faire une idée de l'âge de développement d'un enfant en calcul. Ces subtests sont complémentaires, aucun n'a exactement le même rôle, mais c'est un premier temps essentiel pour savoir si une plainte sur les apprentissages en calcul correspond réellement à un décalage et quelle est son importance (C. Meljac, F. de Barbot, p. 35).

Après cette étape, il faut comprendre plus précisément les compétences d'un enfant en difficulté (compétences sur lesquelles on va s'appuyer) ainsi que les déficits qu'il faudra « attaquer » ou contourner.

Les principaux outils d'évaluation des difficultés en calcul et arithmétique n'ont pas les mêmes bases de développement.

L'ECPN (Epreuve Conceptuelle de Résolution des Problèmes Numériques) n'est pas éditée mais c'est un instrument original qui peut permettre, dans certaines limites, de s'y retrouver dans la construction du nombre (C. Meljac, F. de Barbot, p. 35). L'UDN (Utilisation Du Nombre) est la plus ancienne des batteries d'évaluation du calcul. L'ECPN et l'UDN sont décrits dans l'article sur les outils d'évaluation (p. 35). Les bases de l'UDN (UDN 80 puis UDN 2) sont encore très inspirées des principes piagétiens.

Le Numérical et le Tedi-Math sont plus récents et sont très inspirés des modèles neuropsychologiques du calcul : François Gaillard (p. 41) et Marie-Pascale Noël (p. 47) décrivent les outils qu'ils ont créés (en équipe) et les tranches d'âge concernées.

Ces articles permettent de reprendre les bases neuropsychologiques et les étapes du développement de ces procédures. Tous ces articles ont évidemment comme rôle essentiel d'introduire les troubles du calcul chez l'enfant.

M.P. Noël (p. 54) introduit clairement la notion de dyscalculie. Elle reprend ce que l'on peut proposer comme définition, ce que les études épidémiologiques permettent de dire sur la fréquence, la description des différentes dyscalculies et leur classification. Ces essais de classification ne traduisent pas une volonté de créer des sous groupes pathologiques mais, simplement, la nécessité de décrire précisément les compétences préservées et les compétences déficitaires de chaque enfant dyscalculique. Bien que les déficits des dyscalculies développementales ne peuvent pas être considérés comme une réplique des déficits acquis de l'adulte, les tentatives de classification s'inspirent de la neuropsychologie adulte.

Les difficultés dans la lecture et l'écriture des nombres (alexie-agraphie des nombres) ne sont pas rares, qu'elles touchent le système lexical (vingt-sept écrit « 28 ») ou syntaxique (trois cents écrit « 3100 »). Ces déficits se rencontrent particulièrement chez les enfants dyslexiques. Les difficultés dans les relations spatiales sont fréquemment associées aux dyspraxies. Enfin, les difficultés dans la conduite des opérations peuvent être liées soit aux difficultés dans l'apprentissage des tables, soit à une véritable confusion dans les algorithmes relevant des différentes opérations. Enfin, intervient dans ces acquisitions le rôle fondamental de la mémoire de travail par le biais du développement de la chaîne numérique d'une part, mais aussi parce que la mémoire de travail est essentielle pour établir, en mémoire à long terme, un réseau de faits arithmétiques. M.P. Noël (p. 54) passe également en revue les différentes hypothèses étiologiques de ces troubles : génétiques et neurobiologiques. Elle développe aussi les facteurs prédictifs des compétences en calcul et, en particulier, les gnosies digitales (reconnaissance des doigts hors de la vue), qu'il s'agisse ou non d'un lien biologique, c'est-à-dire d'une relation entre le fonctionnement pariétal et les compétences en calcul des enfants.

F. de Barbot et C. Meljac (p. 64) reprennent une tentative de classification, non pas des dyscalculies (troubles spécifiques du calcul) au sens strict du terme, mais des difficultés d'apprentissage du calcul au sens le plus large du terme. L'apprentissage du calcul est perturbé quand l'enfant est dans l'impossibilité de mobiliser son raisonnement pour des raisons psychologiques ou du fait d'une efficience intellectuelle limitée. Ensuite, si ces deux conditions sont éliminées, les troubles d'apprentissage du calcul peuvent être liés aux compétences langagières de l'enfant ou bien, à un autre niveau, à ses compétences visuo-spatiales responsables, lorsqu'elles sont déficitaires, de dyscalculies spatiales. Ces auteurs détaillent dans un autre article (p. 81) ces dyscalculies spatiales, grâce à l'expérience qu'elles ont acquise des particularités de développement du calcul dans les dyspraxies des anciens prématurés. La diversité de ces différentes formes de troubles du calcul souligne bien qu'il est impossible d'aider un enfant sans idée précise de ses compétences préservées sur lesquelles s'appuiera la prise en charge et sans idée précise des compétences déficitaires qu'il faudra « attaquer » ou contourner.
F. Gaillard (p. 68) décrit, sous forme de « vignettes » des cas cliniques de dyscalculie à partir de la casuistique d'enfants examinés par le Numérical ou à partir de la littérature.

Même si les troubles du calcul de l'enfant sont bien souvent plus complexes et intriqués que les modèles voudraient le faire croire, une meilleure analyse des déficits arithmétiques est essentielle à une prise en charge, pédagogique et rééducative, plus fine.

Malheureusement, force est de constater que le soutien spécialisé aux déficits en arithmétique chez l'enfant est loin d'être aussi clair en pratique que le soutien apporté pour l'apprentissage de la lecture chez les enfants dysphasiques ou dyslexiques. Il reste beaucoup à faire pour rapprocher les démarches didactiques et les approches plus spécifiques, comme le montre l'article sur les questions générales sur la remédiation (C. Meljac, F. de Barbot, p. 86). Les démarches didactiques sont centrées sur l'importance des capacités conceptuelles de l'enfant et des relations enseignant enseigné et elles minimisent les déficits spécifiques. Les approches spécifiques sont certainement à développer parce qu'elles seules sont pertinentes si on considère qu'il existe effectivement divers déficits spécifiques dans les troubles du calcul. N. Ducloy (p. 90), à partir de quelques exemples de difficultés des acquisitions numériques chez des enfants dyslexiques ou dysphasiques, décrit ses propositions de remédiation. A. Ménissier (p. 95), dans un tout autre ordre de troubles (les difficultés de résolution des problèmes), décrit aussi ses propositions d'analyse et de remédiation. Beaucoup reste à faire pour développer ce type d'approche partant d'une analyse la plus précise possible du déficit, fixant les hypothèses sur le fonctionnement de l'enfant, les axes de rééducation proposés et l'évaluation comparative des effets de cette rééducation. On ne peut plus aujourd'hui limiter les troubles du calcul aux difficultés en logico-mathématiques. C'est pourquoi, il faut maintenant dépasser l'approche autour de l'organisation de la pensée (B. Guéritte-Hess, p.109) par des approches plus spécifiques.

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Les bases neuropsychologiques et le développement normal du nombre et du calcul

La neuropsychologie du calcul. C. Lemer

Qu'il s'agisse des troubles de la lecture ou du calcul, l'étude des troubles des apprentissages est soumise aux difficultés importantes que rencontrent toutes les études développementales. En effet, de telles études demandent de comprendre non seulement la manière dont les connaissances s'organisent dans le système stabilisé mais, également, l'ordonnance et le décours temporel de leur mise en place. La compréhension des phénomènes d'apprentissage est donc facilitée, voire nécessairement précédée, par l'étude du système à l'état stable, c'est-à-dire chez l'adulte. Dans le cadre des troubles acquis de la manipulation des nombres, les patrons de performances sont multiples et variés. Leur étude a, par cette diversité, contribué à établir des modèles théoriques du traitement des nombres. L'étude et la compréhension de ces modèles peuvent grandement aider à la compréhension du système en devenir et de ses éventuels troubles.

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Les bases cérébrales des activités numériques.
C. Lemer

Au début du vingtième siècle, l'étude de l'acalculie tournait autour de trois questions principales : existe-t-il différents types d'acalculie ? Les troubles du calcul peuvent-ils être isolés (apparaître en l'absence de troubles d'autres fonctions cognitives) ? Quels en sont les corrélats anatomiques ? Dans l'article sur la neuropsychologie du calcul, nous nous sommes intéressés aux deux premières questions. Dans cet article, c'est le troisième aspect que nous allons aborder.

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L'acquisition de l'arithmétique. M. Fayol

Il est indispensable de disposer d'un aperçu de l'évolution des capacités arithmétiques chez les enfants présentant un développement normal. Cela permet de situer les performances d'un individu donné par rapport à celles de ses pairs de même âge et de même niveau scolaire. Dans cette perspective, quatre thèmes seront plus particulièrement abordés ici : l'acquisition des procédures de quantification (c'est-à-dire de la capacité à fournir le cardinal exact ou approximatif d'une collection) ; l'apprentissage de la numération écrite ; l'acquisition et l'apprentissage des opérations arithmétiques (essentiellement addition et multiplication) ; l'évolution des performances en résolution de problèmes.

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Le développement numérique et ses troubles, perspective historique. C. Meljac

Il est difficile de comprendre les évolutions actuelles de la recherche, la clinique et la remédiation dans le domaine des apprentissages mathématiques sans posséder un ensemble de connaissances préalables. Cet historique a pour unique ambition de fournir quelques clés de lecture à tout praticien désirant mieux se situer dans ce champ très controversé. Nous tenterons de donner des informations essentielles pour comprendre dans quel contexte s'inscrivent les polémiques et les mouvements contemporains autour du nombre, des mathématiques et de leur apprentissage comme de leurs troubles.

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L'évaluation des compétences concernant le nombre et le calcul

Les outils généraux d'évaluation et l'UDN. C. Meljac
F. de Barbot

Les acquisitions dans le domaine du nombre et du calcul font depuis longtemps l'objet d'études développementales (par exemple, celles de Piaget), expérimentales (très nombreuses, actuellement outre-Atlantique dans le sillage de Gelman et Gallistel), et appliquées à la pathologie (Seron, Deloche, et autres). Néanmoins, ce n'est que depuis peu que de telles évaluations apparaissent dans la clinique et la pratique quotidienne. Ce décalage entre ambitions théoriques d'une part et utilisations diagnostiques et pronostiques, d'autre part, et utilisations diagnostiques et pronostiques, d'autre part, est habituel.

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Le Numerical, un outil issu d'une recherche collective et internationale. F. Gaillard

Numerical est une création du groupe « enfants » de l'action concertée européenne ESCAPE pour l'évaluation et la réhabilitation de patients cérébrolésés (Biomed I). Des neuropsychologues allemands, anglais, argentins, belges, brésiliens, finlandais, français, hollandais, italiens, portugais, slovènes et suisses ont travaillé ensemble, entre 1993 et 1997, à la réalisation d'épreuves communes pour l'évaluation des troubles spécifiques des apprentissages et des troubles faisant suite à des lésions cérébrales acquises. Inspirée de EC 301, une batterie pour adultes, la mise au point de Numerical a été l'occasion de privilégier les représentations orales, analogiques, spatiales et finalement écrites du nombre. Dans la forme écrite, les codes alphabétiques (cent) et digitaux (100) sont comparés. Les acquisitions du nombre peuvent donc être confrontées à celles du langage oral et écrit. L'épreuve permet une étude des difficultés spécifiques des apprentissages, dans lesquelles le nombre occupe une place parfois privilégiée, parfois désavantagée. L'épreuve illustre particulièrement le passage de la maîtrise du nombre à celle du calcul. C'est un outil de prévention, de diagnostic, et d'indication thérapeutique pour la dyscalculie.

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Le Tedi-Math : un test des compétences de base en arithmétique. M.P. Noël

Le Tedi-math est un outil de diagnostic des compétences de base en arithmétique [10]. Ce test s'adresse aux professionnels des troubles des apprentissages, en particulier aux psychologues, (ortho)pédagogues et logopèdes ou orthophonistes. Il ne s'agit pas d'un test permettant une évaluation rapide en passation collective mais d'un outil détaillé nécessitant une passation individuelle de une à deux heures (souvent étalée sur deux séances pour éviter une baisse d'attention soutenue de l'enfant). La passation de la batterie est généralement bien acceptée par l'enfant. Les situations présentées sont assez ludiques et agréables. Comme tout outil, le Tedi-math constitue un premier regard sur les compétences de l'enfant. La créativité de l'intervenant peut affiner encore cette évaluation par la mise au point de tâches plus spécifiques aux difficultés observées chez l'enfant concerné. De plus,un manuel guide l'évaluateur dans sa compréhension de l'outil et l'interprétation du profil obtenu.

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Les dyscalculies chez l'enfant et les principes de leur remédiation

Une introduction générale à la dyscalculie chez l'enfant. M.P. Noël

La dyscalculie présente une fréquence d'occurrences comparable à la dyslexie. Pourtant, il s'agit d'un trouble dont le diagnostic est moins souvent posé et qui donne lieu à une prise en charge beaucoup plus rare. Enfin, le nombre de recherches relatives à la dyscalculie reste extrêmement réduit, surtout si on le compare aux travaux portant sur d'autres difficultés d'apprentissage (la dyslexie, en particulier) ou d'autres troubles développementaux (les troubles de l'attention, par exemple). Cet article vise à introduire le lecteur dans ce domaine peu connu en présentant une définition et une description des troubles (y compris de leur fréquence et de leur nature) ainsi qu'un aperçu des hypothèses étiologiques envisagées à l'heure actuelle.

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Tentative de classification des troubles portant sur l'apprentissage du calcul. F. de Barbot, C. Meljac

Si des tentatives de descriptions contrastées des différents types de troubles portant sur l'apprentissage du calcul sont bien disponibles dans la littérature, il n'existe pratiquement pas de classification générale de tels tableaux. L'explication de cette lacune, à première vue étonnante, est multiple : le nombre restreint des publications sur le sujet (alors qu'elles sont pléthoriques sur la lecture), l'état embryonnaire de la plupart des conceptualisations des troubles considérés, l'absence de consensus sur leurs critères diagnostiques, la rareté des cas spécifiques manifestant des échecs isolés, etc.

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La sémiologie des dyscalculies : cas cliniques.
F. Gaillard

Pour aider l'enfant en difficulté et traiter ses troubles du calcul, aujourd'hui plus que jamais, il faut comprendre les spécificités du nombre. Par rapport au mot, le nombre représente un degré supérieur d'abstraction puisqu'il trouve sa signification lorsque l'enfant fait « abstraction » de la qualité des objets et ne considère que leur quantité et leur arrangement. Par ailleurs le nombre est une représentation plurimodale : il y a des enfants esclaves de leurs doigts, qui se révèlent comme « sourds », d'autres comme « aveugles », aux nombres. Le nombre a aussi son code écrit qui comprend plusieurs grammaires : la signification de la place du chiffre dans le nombre, la composition invariable des centaines à trois chiffres, la direction de lecture de l'unité vers la dizaine dans certaines procédures de calcul, par exemple. Le nombre a donc de multiples formes et structures internes. Une étape fondamentale dans la compréhension des troubles du nombre et du calcul est d'illustrer la sémiologie des dyscalculies par des présentations cliniques. Voici quelques cas exemplaires. Ils sont cependant loin de représenter toutes les manières d'échouer en arithmétique.

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Les dyscalculies spatiales et leur remédiation.
F. de Barbot, C. Meljac

Les obstacles rencontrés par les enfants dans la construction du nombre et l'apprentissage du calcul peuvent être d'origines diverses. On a souvent tendance à les attribuer à un défaut de maturité, à des capacités insuffisantes, à un manque d'intérêt, ou à des facteurs psycho-affectifs. Certes, tout cela existe, mais on rencontre aussi des troubles spécifiques, souvent mal connus, et que seul un examen approfondi peut mettre en évidence. Or de tels tableaux exigent à la fois des pédagogies particulières et des remédiations très spécialisées. Revenir comme on le fait habituellement à des manipulations répétitives et à des représentations strictement figuratives peut être fortement contre-indiqué et contribue alors à enfoncer les enfants dans leurs difficultés. Tel est le cas des dyscalculies spatiales. Celles-ci se trouvent dans des tableaux d'origine franchement organique (lésions cérébrales) mais aussi chez des sujets dont l'anamnèse ou les examens standard ne révèlent rien de particulier.

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Questions générales sur la remédiation. F. de Barbot, C. Meljac

Les enfants présentant des difficultés d'apprentissage ont besoin d'un soutien spécialisé adapté aux troubles qu'ils présentent. Ces formes d'appui sont répertoriées depuis longtemps en ce qui concerne le langage oral ou écrit mais il n'en est pas de même pour le domaine numérique, le calcul et les mathématiques en général. De plus, il existe d'importantes divergences chez les chercheurs et les praticiens en fonction de leurs options théoriques sur les abords à privilégier.

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Quelques exemples de difficultés du nombre chez les enfants dyslexiques et dysphasiques. N. Ducloy

L'enfant de sept ans et demi à huit ans et demi, et plus âgé encore, peut rencontrer des difficultés avec le nombre sous ses différents aspects : - la logique : la classification (dégager un critère commun pour créer une catégorie), la sériation ou l'ordre (retrouver le nombre d'avant ou après, classer du plus petit au plus grand) et l'inclusion (3 est inclus dans 5) ou la conservation (une collection serrée est conservée si on n'a retiré ou mis aucun élément supplémentaire). - le facteur analogique (ordre proportionnel du nombre par exemple dans une droite à graduer) : le nombre représentant une quantité (grande ou petite), les unités, les dizaines, les centaines etc. - le facteur écrit : en code arabe (7) ou alphabétique (sept) - le facteur oral : la comptine numérique, le nom des nombres - le facteur spatial : pour le dénombrement (coordination entre le pointage et la chaîne numérique), le positionnement des chiffres dans l'écriture et la lecture des nombres et la pose des opérations. Tous ces aspects sont intriqués les uns dans les autres dans la construction du nombre. Les difficultés des enfants sont très diverses et touchent souvent seulement certaines représentations : certains enfants ne semblent pas maîtriser toutes les représentations du nombre. Pour certains, c'est le facteur oral, pour d'autres, le facteur analogique et la manipulation des nombres et des quantités. Certains enfants écrivent facilement les nombres en code arabe sous dictée sans avoir de représentation précise et stable de la quantité. D'autres enfants au contraire ont une bonne représentation de la quantité, mais ont beaucoup de mal à écrire en code arabe un nombre dicté. L'aide qui sera fournie dépendra de l'analyse exacte du déficit. Quelques exemples de ces déficits observés chez des enfants de sept ans et demi à huit ans et demi sont ici décrits, analysés, ainsi que les propositions de remédiation. Tous ces enfants présentent une dyscalculie appelée « alexie-agraphie » dans certaines classifications, ou « trouble du traitement numérique dans d'autres.

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Rééduquer les troubles du calcul, l'analyse des situations-problèmes. A. Ménissier

Le praticien qui entreprend avec un enfant un travail de rééducation des troubles du calcul ne peut ignorer les différents domaines où intervient le concept de nombre. L'accès à la numération, la compréhension du système décimal ou la maîtrise des algorithmes de calcul ne sauraient suffire pour étayer une progression dans le domaine logico-mathématique. Comprendre le nombre, c'est savoir étendre le champ d'un calcul à des situations de problèmes plus élaborées, comme résoudre un problème additif nécessite des compétences numériques permettant de pouvoir effectuer des compositions et des décompositions, sans oublier la permanence du concept de transformation à travers les contraintes de situation. Si le premier outil du praticien reste son approche méthodologique du trouble, il se doit néanmoins d'utiliser un matériel qui offre à l'enfant d'être au plus près de son potentiel cognitif : toute acquisition n'est telle que dans son rapport avec l'enfant comme acteur en situation.

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Analyses des difficultés d'organisation de la pensée. B. Guéritte-Hess

Depuis 1973, le GEPALM (Groupe d’Etudes de la Psychopathologie des Activités Logico-Mathématiques), fondé par Francine Jaulin-Mannoni, forme des praticiens spécialisés dans la rééducation des sujets présentant, à des degrés divers, des difficultés de l’organisation des fonctions logico-mathématiques. L’expression « logico-mathématique » fait référence au fonctionnement des structures de pensée en lien avec les structures du réel. L’expression « structures de pensée » rend compte des constructions inférentielles qui, à chaque instant, nous permettent de coordonner nos connaissances et nos actions de façon pertinente. Construit entièrement par le raisonnement, le domaine mathématique est un lieu privilégié de l’expression de ces structures. Mais ce serait une erreur de croire qu’il est le seul. Toutes nos activités de connaissance les mettent en œuvre. L’expression « structures du réel » reprend les termes utilisés par Piaget. Elle est réservée à tout ce qui est déterminé par des lois soumises aux contraintes du monde physique.

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